(Washington) Le démocrate Joe Biden promet, s’il est élu président des États-Unis le 3 novembre, de nommer une commission bipartisane pour proposer des réformes du système judiciaire devenu, selon lui, « hors de contrôle ».

Agence France-Presse

Le rival de Donald Trump a tenu ces propos lors d’un entretien avec la chaîne CBS dont des extraits ont été diffusés jeudi, au moment où le Sénat franchissait un nouveau cap vers la confirmation de la juge Amy Coney Barrett.

La magistrate conservatrice de 48 ans a été nommée par le président à la Cour suprême des États-Unis, après le décès de la progressiste Ruth Bader Ginsburg le 18 septembre, malgré la vive opposition des démocrates qui souhaitaient attendre le verdict des urnes.

Le Sénat doit, selon la Constitution, lui accorder son feu vert. Compte-tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte, elle devrait l’obtenir dès la semaine prochaine. Son arrivée à la haute juridiction l’ancrera solidement dans le camp conservateur, avec six juges sur neuf, ce qui pourrait avoir des conséquences de taille sur plusieurs grands enjeux de société (avortement, droits des homosexuels, environnement…).

Cet épisode a relancé une idée qui circule à gauche depuis plusieurs mois : créer de nouveaux sièges au sein du temple du droit pour contre-balancer l’influence des trois magistrats nommés par Donald Trump.  

Défavorable à cette option lors des primaires démocrates, Joe Biden avait jusqu’ici laissé planer le doute. Devant les caméras de CBS, il a suggéré une alternative.  

« Si je suis élu, je mettrai en place une commission nationale, bipartisane, avec des universitaires, des spécialistes de la Constitution, des démocrates, des républicains, des progressistes et des conservateurs et je leur demanderai de me faire des recommandations dans les 180 jours sur une réforme des tribunaux, parce que c’est devenu hors de contrôle, la manière dont ils sont gérés », a-t-il dit.

« Il ne s’agit pas d’accroître le nombre de juges », a-t-il assuré. « Il y a de nombreuses autres options que les experts débattent et j’attends de voir quelles recommandations seront faites par cette commission. »

Au-delà des postes à la Cour suprême qui ont fait l’objet d’âpres luttes au Congrès, les républicains ont profité de leur majorité au Sénat pour confirmer des juges conservateurs dans l’ensemble des tribunaux fédéraux.  

Plus de 200 magistrats ont ainsi été nommés depuis l’élection de Donald Trump, dont une grande majorité sont très jeunes, ce qui devrait laisser une empreinte durable sur le système judiciaire du pays.