(Washington) Un sénateur républicain a sévèrement critiqué le président Donald Trump, dénonçant en termes crus un dirigeant « médiocre » et prédisant sa défaite à l’élection du 3 novembre, dans un enregistrement révélé par les médias.

Agence France-Presse

« Il y a beaucoup de sujets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord », a souligné Ben Sasse, élu du Nebraska, interrogé mercredi sur ses relations avec le président lors d’une conférence téléphonique avec ses administrés.

Et sur ces sujets, le milliardaire est « médiocre, pas seulement en tant que républicain mais en tant qu’Américain », dit-il.

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Le sénateur du Nebraska, Ben Sasse

À trois semaines de l’élection présidentielle, une défaite de Donald Trump « semble probable » face au démocrate Joe Biden, a estimé M. Sasse, craignant aussi un « bain de sang au Sénat pour les républicains », qui contrôlent actuellement la Chambre haute du Congrès.

Dans cet enregistrement dévoilé à l’origine par le média conservateur Washington Examiner, le sénateur conservateur, qui n’avait pas soutenu M. Trump en 2016, énumère une longue liste de critiques.

« La façon dont il embrasse le derrière des dictateurs », lance-t-il en référence notamment aux bonnes relations nouées avec le président chinois Xi Jinping.

« La façon dont il ignore les Ouïghours qui sont littéralement dans des camps de concentration au Xinjiang actuellement. Il n’a pas levé le petit doigt au nom des Hongkongais », dit Ben Sasse, ajoutant : « Maintenant, les États-Unis trahissent régulièrement leurs alliés sous sa direction ».

En politique intérieure, le sénateur fustige pêle-mêle « la façon dont il traite les femmes et dont il jette l’argent par les fenêtres […]. Il se moque des évangéliques dans leur dos, sa famille a profité de la présidence comme une opportunité commerciale, il a flirté avec les suprémacistes blancs ».

M. Sasse, un conservateur religieux, critique également la gestion de la pandémie de coronavirus que le président a selon lui « refusé pendant des mois de prendre au sérieux ».

« Je ne pense pas que sa façon de diriger la crise de la COVID-19 a été raisonnable, responsable ou correcte », dit le sénateur.