(Sydney) L’ex-secrétaire américain à la Défense Jim Mattis s’est refusé jeudi à soutenir lors de la présidentielle le président américain Donald Trump qu’il a pourtant servi, exhortant les électeurs à choisir un dirigeant doté de « compétences » et doué de compassion « .  

Agence France-Presse

 « Je vais refuser votre proposition de soutenir un candidat «, a déclaré M. Mattis lors d’une conférence en ligne organisée par l’Institut Lowy de Sydney, enchaînant sur une boutade : » La langue des généraux à la retraite doit aussi prendre sa retraite pendant la période électorale. » 

Mais le général quatre étoiles ne s’est pas privé de détailler les qualités dont devrait selon lui faire preuve le président.

 « Ce que je chercherais chez un leader est la compétence et la compassion », a-t-il dit. « Je regarderais le caractère et la compétence, la compassion, l’empathie à l’égard de la population, de toute la population. » 

La gestion de l’épidémie vaut à Donald Trump de très vives critiques, de la part de ses adversaires mais aussi de scientifiques et de certains élus de son propre camp. Il est notamment accusé d’avoir manqué de compassion à l’égard des 216 000 Américains décédés du virus, et pour tous les travailleurs hospitaliers qui se battent depuis février.

M. Mattis avait démissionné avec fracas en décembre 2018 au lendemain de l’annonce par le président Trump d’un retrait unilatéral total de Syrie, sans concertation avec les alliés de Washington dans la lutte contre le groupe djihadiste État islamique.

Jeudi, il a cité la promesse de l’ancien président américain Harry Truman d’être « le président de ceux qui n’ont pas voté pour lui », une formule qui a été plusieurs fois reprise ces derniers jours par le candidat démocrate Joe Biden, dans le but d’attirer à lui les indécis.

Sorti de sa réserve

Après sa démission, M. Mattis avait été vivement critiqué par les démocrates pour son silence sur la politique de M. Trump, et pour éviter les questions politiques en dépit de sa position passée au sein de l’administration.

L’ex-secrétaire était sorti en juin de sa réserve avec un réquisitoire tonitruant contre le président, accusé de vouloir « diviser » l’Amérique, secouée par un mouvement de colère historique.

« De mon vivant, Donald Trump est le premier président qui n’essaye pas de rassembler les Américains, qui ne fait même pas semblant d’essayer », avait écrit l’ancien général des Marines dans une déclaration mise en ligne par la revue The Atlantic et d’autres médias américains.

« Au lieu de cela, il tente de nous diviser », avait ajouté le militaire. « Nous payons les conséquences de trois années sans adultes aux commandes » .