(Los Angeles) Le Parti républicain du président Donald Trump a engagé un bras de fer avec les autorités californiennes, qui lui ont intimé l’ordre de retirer des « urnes électorales » installées sans autorisation dans trois comtés de l’État, refusant de s’exécuter et certifiant de la légalité de cette initiative.

Agence France-Presse

Un porte-parole du parti en Californie a assuré que ces urnes, placées le week-end dernier dans des églises, des armureries et autres lieux privés, ne constituaient rien d’autre qu’une initiative de « collecte de bulletins de vote ». Cette pratique permet à des intermédiaires de rassembler des bulletins et de les acheminer eux-mêmes vers des lieux de vote, et est autorisée dans certains États, dont la Californie.

« Nous allons continuer nos programmes de collecte de bulletins », a lancé Hector Barajas, porte-parole du Parti républicain de Californie, interrogé lundi par la télévision CBS.

Les autorités locales estiment de leur côté que ces « urnes », sortes de boîtes à lettres dont certaines portent en grosses lettres la mention « officiel », sont de nature à tromper le public. Elles ont donné aux Républicains jusqu’à jeudi pour les retirer.

La polémique survient trois semaines avant le jour de l’élection présidentielle, le 3 novembre, et alors que le président Donald Trump met régulièrement en doute la fiabilité du scrutin, en particulier le vote par correspondance, très répandu aux États-Unis.

« Les partis politiques et les équipes de campagne peuvent s’investir pour augmenter la participation, mais ils ne peuvent pas enfreindre la loi de l’État », a réagi le secrétaire d’État de Californie, le démocrate Alex Padilla.

« Les boîtes à lettres en question, non officielles et non autorisées, enfreignent la loi et mettent en danger la sécurité des bulletins de vote », souligne-t-il dans un communiqué, estimant que « les électeurs doivent pouvoir déposer leur bulletin de vote en toute transparence et confiance ».

Le procureur de Californie, Xavier Becerra, a averti que les militants à l’origine de ces « urnes » s’exposaient à des poursuites criminelles s’ils refusaient de les retirer.

« Nous espérons que le message a été clairement entendu par quiconque sollicite ou interfère avec le vote des citoyens », a-t-il insisté, disant avoir reçu « des informations troublantes » sur les réticences des républicains à stopper leur initiative.

Hector Barajas n’a pas semblé s’émouvoir des menaces de poursuites, déclarant à CBS que si la mention « officiel » allait être effacée, les boîtes controversées resteraient quant à elles bien en place.

« Montrez-nous où la loi dit que nous devrions cesser. Dites-nous où nous enfreignons la loi », a-t-il lancé.