(Los Angeles) Le président Donald Trump appelé lundi à mettre en prison les « animaux » responsables d’avoir déboulonné la veille deux statues d’anciens présidents américains à Portland, ville de l'Oregon secouée par des manifestations quasi quotidiennes depuis la fin mai.

Agence France-Presse

« Mettez ces animaux en prison tout de suite. La Gauche Radicale ne sait rien faire d’autre que de profiter de la “ gestion politique ” des idiots. C’est ça Biden ! », a écrit Donald Trump sur Twitter, dans une bordée de messages réagissant aux troubles survenus dimanche soir à Portland.

La ville et l’État sont tous deux dirigés par ses adversaires démocrates.

Un groupe estimé à environ 300 personnes par la police s’était rassemblé dans le centre de Portland à la veille de « Columbus Day », censé célébrer la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.

Beaucoup d’États et de villes du pays ont toutefois rebaptisé cette journée « jour des peuples autochtones », en raison des critiques croissantes estimant que Christophe Colomb a inauguré l’ère de la colonisation et des violences racistes.

Les manifestants, pour la plupart vêtus de noir, masqués et casqués, ont commencé par mettre à bas une statue du président Theodore Roosevelt (1858-1919) à l’aide d’un véhicule, avant de déboulonner celle du président Abraham Lincoln (1809-1865).

PHOTO SEAN MEAGHER, THE OREGONIAN VIA AP

Les deux statues ont été recouvertes de peinture et la société historique de Portland, située à proximité, a également été vandalisée.

« Ce groupe avait l’intention de commettre des actes criminels violents et de semer le désordre », a déclaré lundi le chef de la police de Portland, Chuck Lovell, selon lequel trois personnes ont été arrêtées.

Le rassemblement, où se trouvaient des « individus armés », avait été présenté par les organisateurs comme « une journée de rage », a ajouté Chuck Lovell.

Le maire de Portland, Ted Wheeler, a quant à lui qualifié ces actes de vandalisme « d’obscènes », considérant qu’ils allaient « à l’encontre des valeurs de cette ville ».

Dans la foulée des manifestations provoquées dans tous les États-Unis par la mort de George Floyd, quadragénaire noir asphyxié sous le genou d’un policier blanc à Minneapolis fin mai, de nombreuses statues représentant des présidents américains et autres figures historiques associées à l’esclavage avaient été déboulonnées dans le pays.