(Washington) La cheffe des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi a proposé vendredi la création d’une commission pour évaluer la capacité des présidents américains à gouverner, prenant soin d’affirmer qu’elle ne visait pas Donald Trump, tout en mettant en doute sa forme mentale et physique.

Agence France-Presse

La présidente de la Chambre des représentants, grande bête noire de Donald Trump, a nuancé ses propos de la veille, lorsqu’elle avait semblé plus directement cibler, avec cette initiative, le milliardaire républicain.  

« Il ne s’agit pas du président Trump. Il sera soumis au jugement des électeurs », a déclaré Nancy Pelosi à 25 jours de la présidentielle américaine du 3 novembre.

« Mais il nous a montré qu’il était nécessaire de créer un processus pour les futurs présidents », a-t-elle toutefois ajouté.  

Alors que Donald Trump, confiné à la Maison-Blanche depuis sa sortie d’hôpital lundi, a multiplié cette semaine les déclarations décousues, elle a évoqué les possibles effets secondaires de son traitement pour la COVID-19 : « il prend, bien évidemment, des médicaments. Chacun d’entre nous qui prenons des médicaments aussi lourds n’est pas dans son état normal. »

Elle présentait, lors d’une conférence de presse, un projet de loi visant à créer une commission pouvant enquêter sur les conditions physiques et mentales des présidents des États-Unis.  

Cette commission entre dans le cadre du 25e amendement de la Constitution américaine, qui prévoit que le président cède les rênes du pouvoir à son vice-président s’il n’est plus en situation de gouverner.  

Plus particulièrement, elle répond à l’article 4, encore jamais utilisé dans l’histoire, qui prévoit que le vice-président puisse engager ce transfert de pouvoir, s’il est soutenu par une majorité des membres du cabinet ou « d’un organisme que le Congrès peut désigner par la loi ».  

Mais Donald Trump jouit d’un solide soutien dans les rangs républicains et chez son vice-président Mike Pence.  

À la traîne dans les sondages derrière le démocrate Joe Biden, le président républicain, 74 ans, a réagi en retournant les enjeux contre son rival, dont la forme physique et mentale est, à 77 ans, constamment mise en doute par les républicains.  

« Nancy Pelosi la folle se tourne vers le 25e amendement pour remplacer Joe Biden par Kamala Harris », la candidate démocrate à la vice-présidence, âgée de 55 ans, a tweeté le président en employant son surnom favori pour désigner la responsable démocrate.  

« Les démocrates veulent que cela arrive vite parce que Joe l’endormi n’a plus sa tête ! ! ! »