(Washington) Donald Trump a accusé mardi son rival démocrate Joe Biden de soutenir les avortements tardifs, voire l’« exécution » de nouveaux-nés, un argument régulièrement brandi pour galvaniser les électeurs de la droite religieuse.

Agence France-Presse

À 28 jours du scrutin, le président républicain, tout juste sorti de l’hôpital après sa contamination par le virus de la COVID-19, a consacré deux tweets matinaux aux interruptions volontaires de grossesse (IVG) un sujet qui divise profondément les Américains selon leurs affiliations politiques.

« Biden et les démocrates viennent de dire clairement qu’ils soutiennent entièrement les AVORTEMENTS (très) TARDIFS, jusqu’à la naissance, et au-delà, ce qui serait une exécution », a-t-il assuré, en appelant ses partisans à « VOTER » le 3 novembre.

La veille, le candidat démocrate avait rappelé que, s’il était élu, il chercherait à inscrire dans la loi le droit des femmes à avorter, une promesse inscrite dans son programme de campagne.

Ce droit a été reconnu dans tous les États-Unis par la Cour suprême américaine dans son arrêt Roe V. Wade de 1973, mais ses défenseurs craignent un retour en arrière de la haute juridiction profondément remaniée par Donald Trump.

Le président, qui a déjà fait entrer deux magistrats à la Cour suprême, vient de désigner Amy Coney Barrett, une juge opposée à l’avortement, pour remplacer la juge féministe Ruth Bader Ginsburg décédée le 18 septembre.  

S’il parvient à obtenir sa confirmation par le Sénat avant l’élection, le temple du Droit aura une solide majorité conservatrice de six juges sur neuf.  

Interrogé à ce sujet lundi lors d’un déplacement en Floride, Joe Biden a souligné que la juge Barrett « pourrait bien faire en sorte » de renverser l’arrêt Roe v. Wade.

« La seule réponse est de légiférer pour faire en sorte que Roe devienne la loi du pays. C’est ce que je ferai », a-t-il ajouté sans aucune référence aux avortements tard dans la grossesse.

Le président Trump qui, avant d’entrer en politique, se disait favorable au droit des femmes de choisir de poursuivre ou non leur grossesse, a depuis changé de pied pour gagner le soutien des électeurs évangéliques.

Lors de la campagne de 2016, il avait déjà diabolisé son adversaire démocrate Hillary Clinton en l’accusant de « vouloir arracher les bébés des entrailles de leur mère ».