(Washington) Le secrétaire américain à la Justice a suggéré aux procureurs fédéraux d’utiliser une loi réprimant les actes de sédition pour poursuivre les manifestants qui commettent des violences, rapportent mercredi plusieurs médias.

Agence France-Presse

Bill Barr, l’un des piliers du gouvernement de Donald Trump, a envisagé cette option lors d’un échange téléphonique la semaine dernière avec les procureurs fédéraux du pays, selon des sources anonymes citées par le Wall Street Journal, CNN et NBC.

Les États-Unis connaissent depuis la mort de George Floyd, un quadragénaire noir étouffé par un policier blanc le 25 mai, la plus grande mobilisation antiraciste depuis le mouvement des droits civiques des années 1960.  

Les cortèges ont parfois été émaillés de violences et de heurts avec les forces de l’ordre, et Donald Trump, en lice pour sa réélection, en a fait l’un de ses principaux thèmes de campagne.  

Accusant les autorités locales démocrates de laxisme, le président républicain promet, s’il gagne le scrutin du 3 novembre, de ramener « la loi et l’ordre » dans le pays.

Dans son sillage, Bill Barr prône depuis des semaines une réponse forte du gouvernement fédéral, bien que la plupart des crimes et délits relèvent de la justice des 50 États.  

PHOTO SAUL LOEB, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Bill Barr

Quelque 300 personnes ont déjà été arrêtées et inculpées par la justice fédérale, notamment pour incendie volontaire sur des bâtiments fédéraux ou agression d’agents fédéraux, a assuré la semaine dernière sa porte-parole Kerri Kupec.

Mais le secrétaire à la Justice souhaite aller plus loin et a demandé aux procureurs fédéraux d’envisager des poursuites en vertu d’une loi rarement utilisée qui punit les actes de rébellion contre le gouvernement.

Ce texte pourrait être difficile à appliquer dans un pays où la liberté d’expression est garantie par la Constitution. Les dernières poursuites pour « sédition », en 2012 contre une milice armée du Michigan, se sont conclues sur une relaxe.