(Los Angeles) Plus de 100 000 personnes ont été forcées d’évacuer leur domicile en Californie, en proie à certains des pires incendies de son histoire, et dont des zones entières étaient recouvertes vendredi d’épais nuages de fumée.

Jocelyne ZABLIT
Agence France-Presse

Les incendies déclenchés par une dizaine de milliers d’éclairs, alimentés par une chaleur qui bat des records et une faible humidité, ont déjà coûté la vie à au moins cinq personnes, selon les autorités locales.  

L’un des plus grands brasiers, le LNU Lightning Complex, a fait partir à lui seul près de 90 000 hectares en fumée vendredi matin.  

Il menaçait notamment les vignes des comtés de Napa et de Sonoma, déjà exposés à de pareils incendies au cours des dernières années.

PHOTO NOAH BERGER, AP

Au total, plus de 312 000 hectares ont été décimés en Californie depuis le début de cet épisode.

Et les risques d’infection au nouveau coronavirus poussaient certaines des 119 000 personnes évacuées à trouver refuge dans des stationnements ou au bord de plages, plutôt que dans les centres d’hébergement proposés par les autorités.

Dans la ville côtière de Santa Cruz, les autorités ont exhorté les touristes à laisser leurs hôtels vacants, afin de proposer des lits aux personnes fuyant les feux.

« Réalité » du changement climatique

Daniel Berlant, représentant de l’agence de prévention californienne des incendies a loué les efforts des pompiers au cours des dernières 24 heures : « ils font des progrès, mais les conditions météorologiques ne nous aident pas. »

La Californie a recensé dimanche ce qui pourrait être la troisième température la plus chaude jamais enregistrée sur Terre : 54,4 °C dans la vallée de la Mort.  

Si le mercure doit légèrement baisser au cours du week-end, le risque de nouveaux orages et donc de foudre, laisse l’agence en « état d’alerte ».

Dans un discours à la convention démocrate jeudi, le gouverneur de Californie Gavin Newsom a insisté sur le lien de cause à effet direct entre le changement climatique et ces incendies.

« Le changement climatique est une réalité », a-t-il assuré. « Si vous n’y croyez pas, venez en Californie. »

Lors d’un point presse vendredi, le gouverneur a fait savoir que des pompiers du Texas, du Nouveau-Mexique et de l’Oregon avaient été envoyés en renfort et que d’autres États devaient aussi leur venir en aide.

Au total, plus de 312 000 hectares ont été décimés en Californie depuis le début de cet épisode, principalement dans des zones non-habitées.

Ces feux, qui intervenaient habituellement entre août et novembre, sont devenus plus fréquents et plus importants en Californie au cours des dernières années, en raison notamment du changement climatique.

L’incendie le plus meurtrier de l’histoire de la Californie, surnommé le Camp Fire, a eu lieu en novembre 2018 dans le nord de l’État. Il avait fait 86 morts.  

Les fumées d’incendies ont aussi entraîné des alertes à la pollution de l’air, notamment dans la baie de San Francisco. Les services météorologiques américains s’attendaient à ce que le ciel reste « brumeux et enfumé », au moins « à court terme ».