(San Francisco) Les adeptes de la mouvance d’extrême droite conspirationniste « QAnon » voient leurs comptes fermés ou bloqués sur Facebook et Twitter, à cause de leur attitude vis-à-vis de la violence, mais le président Donald Tump, qu’ils soutiennent, a dit mercredi voir avant tout en eux « des gens qui aiment notre pays ».

Agence France-Presse

« Je ne sais pas grand-chose sur eux. J’ai compris qu’ils m’aiment beaucoup, ce que j’apprécie », a déclaré le dirigeant américain lors d’une conférence de presse. Il a laissé entendre que leur regain de popularité récent était lié aux manifestations qui ont eu lieu à Portland ou New York, contre le racisme systémique.

Donald Trump était interrogé sur ce sujet au moment où Facebook vient de bannir et d’imposer des restrictions à des milliers de comptes d’extrême droite notamment liés à cette mouvance « QAnon », un ensemble de théories conspirationnistes essentiellement propagées par des partisans du milliardaire républicain.

« Nous avons vu croître des mouvements qui, même s’ils n’organisent pas directement de violences, célèbrent des actes violents, montrent qu’ils ont des armes et suggèrent qu’ils vont les utiliser, ou ont des fans susceptibles de comportements violents », explique le groupe californien dans un communiqué.

PHOTO EVAN VUCCI, ASSOCIATED PRESS

Le président américain Donald Trump

Facebook s’attaque aussi à des « groupes anarchistes qui encouragent la violence dans les manifestations » et à des milices basées aux États-Unis, autant d’organisations qui « représentent des risques pour la sécurité publique ».

Les utilisateurs pourront continuer à publier des contenus qui soutiennent QAnon, tant qu’ils n’enfreignent aucun règlement de la plateforme, qui va « restreindre leur capacité à s’organiser ».

Le géant des réseaux sociaux dit avoir retiré près de 800 groupes, 100 pages et 1500 publicités directement liés à ce mouvement sur sa plateforme principale.

Il a aussi pris des mesures pour réduire la portée de plus de 10 000 comptes sur Instagram et de près de 2000 groupes et 440 pages sur Facebook, comme limiter les recommandations, les rétrograder sur les fils d’actualité, les rendre plus difficiles à trouver, les empêcher de faire de la pub ou vendre des produits.

« Sauver le monde »

Selon les adeptes de la nébuleuse QAnon, les États-Unis sont dirigés depuis des décennies par une organisation criminelle impliquant les Clinton, les Obama, les Rothschild et d’autres membres de l’élite mondiale.  

Ils pensent que Donald Trump viendra à bout du complot et rendra le pouvoir au peuple.

« Il y a cette idée selon laquelle vous sauvez secrètement le monde d’un culte de pédophiles et de cannibales, vous y croyez ? », a demandé un journaliste au locataire de la Maison-Blanche lors d’un point presse.

« Je n’ai pas entendu ça », a-t-il répondu, avant d’ajouter : « Si je peux aider à sauver le monde des problèmes, je veux bien le faire. […] En vérité, nous sommes en train de sauver le monde d’une philosophie de gauche radicale qui va détruire ce pays. »

Twitter aussi a récemment supprimé des milliers de comptes liés à ce mouvement, qui a pris de l’ampleur et est observé de plus près à l’approche de l’élection présidentielle en novembre.

Les réseaux sont sous pression pour ne pas reproduire les dérives et scandales de 2016, quand le scrutin américain avait été marqué par des campagnes de désinformation et de manipulation des électeurs de grande ampleur via les plateformes.

Facebook est particulièrement dans le collimateur de nombreux élus et ONG, qui l’accusent d’être toujours trop laxiste avec les contenus dits « haineux », au point d’avoir organisé un vaste boycottage publicitaire suivi par des centaines d’entreprises, dont Unilever.