(Portland) Le maire de Portland, dans l’État américain de l’Oregon, a été aspergé de gaz lacrymogène mercredi soir alors qu’il allait à la rencontre de manifestants protestant contre les violences policières et le déploiement d’agents fédéraux ordonné par le président Donald Trump dans des villes du pays.

Agence France-Presse

Le démocrate Ted Wheeler, qui portait des lunettes de protection et un masque, a été escorté loin de la foule au milieu d’un nuage de gaz, montrent des images AFP.

« Je ne vais pas mentir, ça pique. Difficile de respirer », a-t-il dit au New York Times.

« Et je peux vous le dire en toute honnêteté, je n’ai rien vu qui justifie cette » utilisation de gaz lacrymogène, a-t-il ajouté, en parlant d’une « réaction disproportionnée des agents fédéraux » et même d’une « guerre urbaine ».

La police de la ville a dit que les manifestants avaient lancé des fusées éclairantes et des bouteilles incendiaires sur la cour fédérale, provoquant de petits feux.

M. Wheeler est lui-même critiqué par de nombreux manifestants à Portland parce que la police a souvent usé de gaz lacrymogène par le passé pour disperser des manifestations, jusqu’à ce qu’un juge ordonne de limiter cette pratique.

Des milliers de manifestants ont encore défilé mercredi soir dans la grande ville de l’Oregon. Le mouvement avait commencé, comme ailleurs dans le pays, après la mort du quadragénaire noir George Floyd fin mai sous le genou d’un policier blanc.

Il s’est amplifié lorsque sont arrivés des policiers fédéraux à Portland. Dans de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on voit ces agents, en tenue paramilitaire et sans badge visible d’identification, utiliser des véhicules banalisés pour interpeller des manifestants, attisant les braises de l’ire populaire.

Donald Trump, qui fait notamment campagne sur le retour à « l’ordre », a annoncé mercredi renforcer les effectifs des agents fédéraux à Chicago et d’autres villes après une résurgence de la criminalité et des fusillades.