(Washington) Le Congrès américain a décroché jeudi quatre portraits de confédérés, sur ordre de la chef des démocrates Nancy Pelosi, pour qui leur image symbolisait un « racisme grotesque » dans une Amérique en plein mouvement de protestation historique contre les brutalités policières et les discriminations.  

Agence France-Presse

« Il n’y a pas de place dans les vénérables couloirs du Congrès ou tout autre endroit honorifique pour conserver la mémoire d’hommes qui incarnent l’intolérance violente et le racisme grotesque de la Confédération », a écrit la présidente de la Chambre des représentants, en référence aux États américains du Sud qui s’étaient battus contre l’abolition de l’esclavage lors de la guerre de Sécession (1861-1865).  

Nancy Pelosi a demandé leur décrochage pour marquer l’anniversaire, vendredi, de la fin de l’esclavage aux États-Unis, compte tenu de ce « moment de douleur nationale extraordinaire, pendant que nous sommes en deuil pour les centaines de Noirs américains tués par les injustices raciales et les brutalités policières ».  

PHOTO NICHOLAS KAMM, AGENCE FRANCE-PRESSE

La chef des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi

Dans une scène rare au Capitole, des employés portant des masques pour empêcher la propagation du coronavirus sont montés sur des échelles pour décrocher les deux premiers de ces cadres dorés, qui trônaient non loin de l’entrée de l’hémicycle.  

Les États-Unis vivent un mouvement de protestation historique contre le racisme depuis la mort de George Floyd, tué par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis.  

Depuis, des monuments confédérés ont été mis à terre, des statues de Christophe Colomb décapitées et même le film « Autant en emporte le vent » a été mis sur la touche.

Nancy Pelosi avait également appelé dès le 10 juin à retirer 11 statues du Capitole, siège du Congrès à Washington, représentant des soldats et des responsables confédérés. Une commission de parlementaires des deux partis étudie encore cette demande.

Les quatre portraits retirés représentent des présidents de la Chambre du 19e siècle qui avaient aussi servi sous les couleurs confédérées : Robert Hunter (Virginie), Howell Cobb (Géorgie), James Orr (Caroline du Sud) et Charles Crisp (Géorgie).