(Washington) Le président américain Donald Trump a laissé entendre mardi que le manifestant de 75 ans blessé après avoir été poussé par des policiers pourrait faire partie d’un coup monté.

Agence France-Presse

Le tweet présidentiel, qui s’appuie sur un reportage de la chaîne très conservatrice One America News Network (OANN), a suscité une avalanche de réactions indignées.

La vidéo de jeudi dernier montre deux policiers repoussant un manifestant à Buffalo, dans l’État de New York, dont la tête heurte violemment le sol. Un premier communiqué officiel affirmait que le septuagénaire, qui saignait abondamment et semblait avoir perdu connaissance, avait « trébuché et chuté ».  

Devant l’indignation, les deux policiers impliqués ont été suspendus puis inculpés pour agression par le procureur local. Le manifestant, Martin Gugino, un militant connu localement, a été hospitalisé.

« Le manifestant de Buffalo poussé par la police pourrait être un provocateur Antifa », a tweeté le président américain en référence à une mouvance qu’il accuse d’avoir fomenté les violences aux États-Unis depuis la mort d’un Américain noir, George Floyd.

« J’ai regardé : il est tombé plus qu’il n’a été poussé », a-t-il ajouté.

Le président des États-Unis a ensuite fait référence, de manière assez confuse, à un reportage de la chaîne très conservatrice One America News Network (OANN) selon lequel le manifestant aurait cherché à intercepter les communications de la police.

« Est-ce que cela pourrait être un coup monté ? », s’est-il interrogé en fin de tweet.

Son adversaire démocrate Joe Biden a, en réponse, cité son père qui disait que l’abus de pouvoir était le « pire péché qui soit ».

« Que ce soit un policier blessant un manifestant pacifique ou un président le défendant avec une théorie du complot vue à la télévision […] Nous ne pouvons accepter ni l’un ni l’autre », a assuré l’ancien vice-président de Barack Obama.

Le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, a de son côté estimé que Donald Trump devrait s’excuser pour son tweet « inacceptable », « répréhensible et stupide ».

Le maire de Buffalo, Byron Brown, a lui implicitement appelé le président à calmer le jeu, en déclarant que sa ville était « concentrée sur sa guérison » après cette affaire, qui fait polémique au sein de ses services de police.  

« Nous prions pour le rétablissement complet de M. Gugino », a-t-il ajouté.