(Washington) Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a dévoilé jeudi les personnalités qui l’aideront à choisir la femme qui deviendrait, en cas de victoire, la première vice-présidente des États-Unis, tandis que la pression s’accentue pour qu’il réponde à une accusation d’agression sexuelle.

Agence France-Presse

Ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden avait annoncé en mars qu’il choisirait une femme pour être sa colistière dans la présidentielle américaine, qui doit l’opposer au républicain Donald Trump le 3 novembre.  

Le comité de sélection est dirigé par quatre personnalités : le maire de Los Angeles Eric Garcetti, un ancien sénateur, Christopher J. Dodd, une élue de la Chambre des représentants, Lisa Blunt, et une ancienne conseillère de Joe Biden à la vice-présidence ainsi qu’au Sénat, Cynthia C. Hogan.  

Le candidat avait expliqué mercredi que le processus complexe de sélection, qui doit inclure l’examen minutieux du passé et parcours de chaque candidate, pourrait durer jusqu’en juillet.  

Parmi les grands noms qui circulent : les sénatrices Kamala Harris et Amy Klobuchar, Stacey Abrams, qui avait tenté en 2018 de devenir la première femme gouverneure noire des États-Unis, ou encore la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer.

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Quatre colistières potentielles : en haut, Kamala Harris et Elizabeth Warren ; en bas, Stacey Abrams et Amy Klobuchar.

Toutes ont entre 46 et 59 ans, un point important puisque Joe Biden, 77 ans, serait le plus vieux président à entrer à la Maison-Blanche.

Elles ont pour l’instant évité d’appeler Joe Biden à s’expliquer sur les graves accusations d’une femme, Tara Reade, qui affirme qu’il l’a agressée sexuellement en 1993, lorsqu’il était sénateur.  

M. Biden a fermement démenti, à travers sa porte-parole, à la mi-avril, mais garde depuis le silence sur le sujet. Avec la publication récente de nouveaux éléments, la pression monte pour qu’il s’explique.

Pendant 45 minutes jeudi, la championne américaine de football Megan Rapinoe l’a interrogé en direct sur Instagram, mais n’a pas mentionné la question. De nombreux commentaires regrettaient son silence.  

Joe Biden avait rappelé, mercredi soir, son engagement dans la lutte contre les violences faites aux femmes et les agressions sexuelles.

« Hypocrite »

Certaines alliées l’ont défendu publiquement cette semaine.

« Je connais Joe Biden et je pense qu’il dit la vérité et que cela n’est pas arrivé », a déclaré Stacey Abrams sur CNN, mardi.  

La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, qui lui a déclaré son soutien cette semaine, a affirmé son « respect total » pour le mouvement #metoo. Mais « il y a aussi la présomption d’innocence », a-t-elle ajouté.

Joe Biden « est une personne très intègre […]. Il est l’auteur de la loi contre les violences faites aux femmes » adoptée en 1994, a-t-elle déclaré.  

Certains accusent Nancy Pelosi ainsi que les colistières potentielles de Joe Biden d’hypocrisie, puisqu’elles avaient déclaré croire la femme qui avait accusé d’agression sexuelle le juge conservateur Brett Kavanaugh, en plein processus de confirmation pour un siège à la Cour suprême. Nancy Pelosi l’avait fait après la longue audition, sous serment, de Christine Blasey Ford au Congrès en 2018.  

Nancy Pelosi « est hypocrite », a réagi le chef de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy.  

« Les démocrates et leur “deux poids deux mesures” deviennent vraiment fatigants », a tweeté l’équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2020.