(Washington) Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a affirmé mercredi qu’il maintiendrait à Jérusalem l’ambassade des États-Unis en Israël s’il remportait l’élection en novembre, tout en déplorant la décision de Donald Trump de la transférer depuis Tel Aviv.

Agence France-Presse

L’ancien vice-président américain a déclaré que l’ambassade « n’aurait pas dû être déplacée » par l’administration Trump sans que cela n’entre dans le cadre d’un accord de paix plus large au Proche-Orient.  

« Mais maintenant que c’est fait, je ne ramènerais pas l’ambassade à Tel Aviv », a-t-il ajouté lors d’une collecte de fonds organisée en ligne.  

« Mais ce que je ferais… je rouvrirais aussi notre consulat à Jérusalem-Est pour dialoguer avec les Palestiniens, et mon administration exhortera les deux parties à prendre des initiatives afin de maintenir en vie la perspective d’une solution à deux États », a-t-il confié à quelque 250 donateurs, réunis sur le logiciel de visioconférence Zoom.  

En octobre 2019, Joe Biden avait affirmé qu’il s’opposerait à toute action qui fermerait la porte à la création d’un État palestinien.  

« Nous ne pouvons pas avoir peur de dire la vérité à nos amis les plus proches […] la solution à deux États est la meilleure, sinon l’unique solution pour garantir un futur pacifique à l’État juif et démocratique d’Israël », avait déclaré le vice-président des États-Unis sous Barack Obama (2009-2017), lors d’une conférence de l’organisation progressiste juive J-Street.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche en janvier 2017, Donald Trump a multiplié les gestes en faveur de l’État hébreu, avec en particulier la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017, et le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv dans la ville sainte au mois de mai 2018, date anniversaire des 70 ans de la création de l’État d’Israël.

Prenant le contrepied de décennies de statu quo dans la diplomatie internationale, cette décision avait provoqué la colère de la communauté internationale et des Palestiniens, qui considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur État.

Fin janvier 2020, le gendre et conseiller de Donald Trum, Jared Kushner, avait dévoilé son plan de paix pour le Moyen-Orient, devant Donald Trump, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et Benny Gantz, alors son rival électoral, invités à la Maison-Blanche.

Le projet, qui accorde à l’État hébreu un très grand nombre de concessions, a été rejeté avec véhémence par les autorités palestiniennes et est resté lettre morte.

Il prévoit de faire de Jérusalem la capitale « indivisible » d’Israël, et l’annexion par l’État hébreu de la vallée du Jourdain et des plus de 130 colonies juives en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël.

Le plan américain prévoit aussi un État palestinien établi sur ce qu’il resterait de la Cisjordanie et la bande de Gaza, deux territoires palestiniens séparés par Israël qui seraient reliés par un « corridor ».