(Washington) Donald Trump a menacé mardi de suspendre la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dénonçant sa gestion de la pandémie du coronavirus et une attitude à ses yeux trop favorable à Pékin.

Agence France-Presse

« Nous allons suspendre (le versement) des sommes destinées à l’OMS », a déclaré le président des États-Unis lors de son point de presse quotidien depuis la Maison-Blanche.

Quelques minutes plus tard, cependant, il a fait machine arrière dans une certaine confusion, en affirmant qu’il souhaitait seulement étudier cette possibilité.

« Je ne dis pas que je vais le faire, mais nous allons examiner cette possibilité », a-t-il déclaré, contredisant sa déclaration initiale.

Objet de la frustration présidentielle vis-à-vis de cette agence de l’ONU dont le siège est à Genève ? Son attitude vis-à-vis de Pékin.

« Tout semble très favorable à la Chine, ce n’est pas acceptable », a-t-il déclaré.

« Ils reçoivent des sommes énormes de la part des États-Unis », a-t-il insisté. « Ils ont critiqué la fermeture des frontières (aux personnes venues de Chine) quand je l’ai annoncée, et ils ont eu tort », a-t-il ajouté.

« Ils ont eu tort sur beaucoup de choses », a-t-il martelé, sans donner plus de précisions.

Le milliardaire républicain avait déjà rédigé mardi matin un tweet particulièrement virulent à l’encontre de l’organisation.

« L’OMS s’est vraiment plantée », a-t-il écrit.

« Étrangement, ils sont largement financés par les États-Unis et pourtant très centrés sur la Chine. Nous allons nous pencher avec attention sur le dossier », a-t-il ajouté.

« Heureusement, j’ai rejeté leurs conseils initiaux de laisser nos frontières avec la Chine ouvertes. Pourquoi nous ont-ils donné une recommandation aussi erronée ? », a-t-il conclu.

Lors de son point-presse quotidien, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a rejeté mardi les critiques tweetées par le président américain contre son agence spécialisée dans la santé, sans parler toutefois de ses liens avec la Chine.

« Pour le secrétaire général (Antonio Guterres), il est clair que l’OMS sous la direction du docteur Tedros Adhanom a fait un énorme travail sur la COVID-19 en soutenant des pays avec l’acheminement de millions d’équipements médicaux et avec de la formation », a-t-il dit.

« L’OMS a montré la force du système de santé international », a aussi jugé le porte-parole, en rappelant « l’énorme travail » réalisé dans le combat contre Ebola en République démocratique du Congo et les pays voisins, sous la direction de Tedros Adhanom et « en mettant ses équipes en première ligne ».

Les États-Unis sont le pays du monde qui compte, de très loin, le plus grand nombre de cas officiellement déclarés de COVID-19.  

Le nombre de décès causés par la maladie dans le pays augmente depuis plusieurs jours de plus de 1000 morts quotidiennement, se rapprochant ainsi peu à peu des macabres records de l’Italie et de l’Espagne.