(Washington) Une ex-conseillère à la Maison-Blanche, auditionnée jeudi au Congrès, a imploré les élus de ne pas propager «de mensonges» qui «servent» la Russie, en allusion à une théorie avancée par Donald Trump et ses défenseurs républicains.

Agence France-Presse

«S’il vous plaît, ne propagez pas pour des raisons politiques des mensonges qui servent clairement les intérêts russes», a lancé aux parlementaires Fiona Hill, ancienne responsable du Conseil de sécurité nationale, entendue dans le cadre de l’enquête en destitution qui menace le président américain.

«Certains d’entre vous semblent croire que la Russie et ses services de sécurité pourraient ne pas avoir mené de campagne contre notre pays, et que peut-être, pour d’autres raisons, l’Ukraine l’a fait. C’est une fiction qui a été créée et propagée par les services de sécurité russes eux-mêmes», a-t-elle encore dit.

Dans des déclarations préparées à l’avance, Mme Hill a rappelé que les services de renseignement américains avaient conclu que Moscou s’était ingéré dans les élections américaines de 2016.  

Selon elle, «l’impact» de cette campagne «reste évident : notre Nation est divisée. La vérité est mise en doute. Nos diplomates de carrière, des experts très professionnels, sont attaqués».

Donald Trump risque d’être mis en accusation (impeachment) à la Chambre des représentants à cause d’un appel téléphonique du 25 juillet, dans lequel il a demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d’enquêter sur son rival, le démocrate Joe Biden, mais aussi sur un mystérieux «serveur».  

Cette seconde requête est une référence à une théorie, très en vue dans les milieux conspirationnistes, selon laquelle l’Ukraine aurait piraté les courriels du parti démocrate lors de la présidentielle américaine de 2016, et non la Russie.

La première moitié du mandat de Donald Trump a été empoisonnée par une enquête sur des soupçons de collusion entre Moscou et son équipe de campagne. Les théories sur l’Ukraine ont débuté dans ce cadre dans les cercles des défenseurs du président.

Lors des auditions de témoins au Congrès, les élus républicains ont donné du crédit à ces thèses.

AFP

Devin Nunes

Le n°2 de la commission du Renseignement, Devin Nunes, a encore souligné jeudi que la Russie s’était ingérée dans l’élection, mais a ajouté : «Il est tout à fait possible que deux pays s’engagent dans des ingérences électorales en même temps.»

Pour lui, «le président Trump avait de bonnes raisons d’être inquiet des ingérences ukrainiennes dans sa campagne électorale».