(Washington) Un responsable du département d’État américain a été épinglé jeudi par une enquête interne, en raison du renvoi d’une employée d’origine iranienne dont la double culture aurait pu motiver le départ.  

Agence France-Presse

Le secrétaire d’État Mike Pompeo a accepté de réfléchir à une mesure disciplinaire à l’encontre de Brian Hook, émissaire américain pour l’Iran.

Sous pression de parlementaires, l’inspecteur général du département d’État a enquêté sur le renvoi anticipé de Sahar Nowrouzzadeh, citoyenne américaine, d’un centre de réflexion interne chargé de dessiner les priorités de la diplomatie américaine.

Le rapport du gendarme du département d’État assure que la Maison-Blanche, en 2017, deux mois après l’arrivée de Donald Trump, a transféré un article d’un média américain conservateur qui critiquait le poste de Mme Nowrouzzadeh et mettait l’accent sur ses origines.  

Sahar Nowrouzzadeh « est née en Iran et d’après ce que je comprends a pleuré quand le président a gagné », écrivait dans un courriel cité par le rapport interne Julia Haller, alors employée de la Maison-Blanche.  

Brian Hook, qui a embrassé la ligne dure adoptée par le président Trump contre l’Iran, était à l’époque à la tête du centre d’études et de prospective interne qui employait Mme Nowrouzzadeh, nommée sous l’administration Obama. Le diplomate l’a remerciée en avril 2017, environ trois mois avant la fin prévue de son contrat.

Le rapport interne n’a trouvé aucune preuve que M. Hook ait personnellement partagé ce parti-pris basé sur les origines de son employée. Mais il n’a pas non plus agi pour mettre fin aux critiques contre elle, souligne l’enquête.  

« Les commentaires à l’égard de son apparent lieu de naissance sont particulièrement troublants », stipule le rapport.  

« Les articles et les courriels qui ont circulé dans le bureau du Secrétaire suggèrent que des facteurs inappropriés ont probablement influencé les demandes pour mettre fin à son détachement », poursuit le texte.  

Mme Nowrouzzadeh — qui fait désormais de la recherche à Harvard — a salué ce rapport, assurant avoir servi « avec fierté » les États-Unis, sous des administrations républicaines comme démocrates, pendant 15 ans.

« Ragots de bureau »

Brian Hook a répondu à l’inspecteur général qu’il avait déjà trouvé un candidat pour remplacer Sahar Nowrouzzadeh avant la publication de l’article défavorable à son égard.  

« Je n’ai commencé aucune de ces conversations » sur ses origines et ses opinions politiques supposées qui étaient « complètement hors de propos par rapport à ma recherche personnelle d’un expert sur l’Iran et le Golfe », a-t-il assuré.  

L’inspecteur général du département d’État a notamment recommandé à Mike Pompeo de « considérer si une mesure disciplinaire était appropriée ».

Si le chef de la diplomatie américaine a accepté d’y réfléchir, l’un de ses très proches conseillers a affirmé que le département d’État ne partageait pas les conclusions du rapport.  

Mme Haller a, pour sa part, admis auprès de l’inspecteur que les détails concernant la tristesse de Mme Nowrouzzadeh après la victoire de Donald Trump avaient pu être des « ragots de bureau ».  

Mais elle a quand même justifié le partage de cette information, invoquant de possibles questions de « loyauté envers les États-Unis », selon les notes du rapport.