(Washington) Un élu républicain a pris dimanche le contre-pied de Donald Trump et des responsables du parti en s’opposant au témoignage public au Congrès du lanceur d’alerte à l’origine de l’enquête sur des soupçons d’abus de pouvoir du président américain, menacé par une procédure de destitution.

Agence France-Presse

« Je pense que nous devrions protéger l’identité du lanceur d’alerte », a déclaré sur Fox News Will Hurd, élu du Texas et lui-même ancien agent de la CIA.  

« La façon dont nous traitons ce lanceur d’alerte aura un impact sur les autres à l’avenir », a-t-il ajouté, rappelant l’importance de la loi actuelle protégeant des représailles ceux qui signalent des malversations ou comportements répréhensibles dans les entreprises et les administrations.

Après avoir entendu une dizaine de témoins à huis clos ces dernières semaines, la commission du Renseignement de la Chambre des représentants doit les réentendre à partir de mercredi lors d’auditions publiques.

Les parlementaires républicains ont souhaité que soient ajoutés à la liste des témoins le lanceur d’alerte, qui reste anonyme, ainsi que Hunter Biden, le fils de Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama et adversaire potentiel de M. Trump pour la présidentielle de 2020.

Le président américain est soupçonné d’avoir abusé de son pouvoir en faisant pression sur le gouvernement ukrainien pour qu’il enquête sur les Biden pour son propre intérêt électoral.

Les démocrates, majoritaires à la chambre basse, veulent constituer un dossier de mise en accusation (« impeachment ») qui pourrait mener à la destitution du président.

Le président de la commission, le démocrate Adam Schiff, a refusé samedi la requête des républicains. Ces auditions ne doivent pas faciliter « les efforts du président (Trump) pour menacer, intimider ou agir en représailles contre la lanceur d’alerte », a-t-il déclaré.

Donald Trump s’en est plusieurs fois pris à ce lanceur d’alerte, mettant en doute ses affirmations « de deuxième main » et comparant son action à de l’espionnage.

Mais cette stratégie de défense va « s’effondrer » avec les auditions publiques, a indiqué dimanche un autre membre démocrate de la commission du Renseignement, Jim Himes.

Le public aura désormais « des informations de source directe de diplomates, militaires et d’autres qui ont vraiment entendu ces faits », a renchéri sur CNN la sénatrice Amy Klobuchar, candidate à la primaire démocrate pour la présidentielle de 2020.