(Washington) Les États-Unis feront « le maximum » pour garder la Turquie parmi leurs alliés, a affirmé dimanche le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche Robert O’Brien, en pleines tensions entre Washington et Ankara.  

Agence France-Presse

« La Turquie est un membre de l’OTAN. Elle joue un rôle très important. Perdre la Turquie en tant qu’allié ne serait donc une bonne chose ni pour l’Europe, ni pour les États-Unis », a-t-il déclaré sur la chaîne CBS.  

Le nouveau conseiller américain, qui a succédé en septembre à John Bolton, a assuré que Washington ferait « le maximum » pour que la Turquie « reste membre de l’OTAN ».  

Un geste d’apaisement à quelques jours d’une rencontre très attendue, mercredi à Washington, entre le président américain et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.  

Offensive turque dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde soutenue par les États-Unis, vote au Congrès américain sur le « génocide » arménien, demande d’extradition du prédicateur Fethullah Gülen, exilé en Pennsylvanie… Les points de désaccords ne manquent pas actuellement entre les deux pays.   

Robert O’Brien a également évoqué dimanche l’achat par Ankara de missiles antiaériens russes S-400, que Washington juge incompatibles avec les dispositifs de défense de l’OTAN.

« Il n’y a pas de place pour les S-400 et les achats russes et c’est le message que le président [Trump] fera passer [à M. Erdogan] lorsqu’il sera à Washington », a dit le conseiller à la sécurité nationale.

Au lendemain de la visite du président turc, Donald Trump recevra jeudi à la Maison-Blanche le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, dans un contexte de vives critiques à l’encontre de l’Alliance atlantique, récemment jugée en état de « mort cérébrale » par le président français Emmanuel Macron.

Se tiendra par ailleurs jeudi à Washington une réunion de ministres de la coalition internationale antidjihadiste, demandée en urgence par la diplomatie française après l’annonce début octobre par Donald Trump du retrait des troupes américaines de Syrie.

Critiqué jusque dans son propre camp pour cette décision, le président républicain a indiqué depuis qu’un « petit » nombre de soldats américains resteraient dans le pays, notamment pour y protéger des champs pétroliers.  

« Ils seront moins de 1000, c’est certain. Probablement autour de 500, peut-être 600 », a fait savoir dimanche sur ABC le général Mark Milley, chef d’état-major de l’armée américaine, mettant en garde face à une « résurgence » dans la région du groupe djihadiste État islamique.