(Washington) Hillary Clinton a accusé Moscou de s’ingérer à nouveau dans l’élection présidentielle américaine en faveur de Donald Trump en appuyant la candidature d’une élue en lice pour la primaire démocrate, « la favorite des Russes ».  

Agence France-Presse

Si la candidate malheureuse à l’élection de 2016 ne cite aucun nom, tout indique qu’elle pense à Tulsi Gabbard, élue démocrate d’Hawaii qui s’est lancée dans la course à la Maison-Blanche.  

« Je crois qu’ils ont mis la main sur quelqu’un qui est en ce moment dans la primaire démocrate, et veulent qu’elle soit la candidate indépendante », a déclaré l’ex-secrétaire d’État de Barack Obama, interrogée au podcast  Campaign HQ  diffusé jeudi.

« Elle est la favorite des Russes. Ils ont de nombreux sites et robots informatiques et d’autres manières de la soutenir jusqu’ici », poursuit-elle dans cette conversation avec David Plouffe, ancien conseiller de Barack Obama.

Une déclaration qui a provoqué la colère de la jeune élue.  

« Merci Hillary Clinton. Vous, la reine des va-t-en-guerre, l’incarnation de la corruption et la personnification de la pourriture qui a rendu malade depuis tant de temps le parti démocrate, vous êtes finalement révélée au grand jour », a répondu vendredi sur Twitter Tulsi Gabbard.   

Le raisonnement de Hillary Clinton est le suivant : Moscou, souhaitant la réélection de Donald Trump, cherche à promouvoir un « candidat indépendant » capable de récupérer des voix qui iraient autrement au vainqueur de la primaire démocrate.

Les Russes « savent qu’ils ne peuvent pas gagner sans un candidat indépendant », a appuyé l’ancienne première dame.  

Elle imagine donc que Tulsi Gabbard, une fois hors jeu de la primaire démocrate, se présenterait tout de même au scrutin.

« Depuis le jour où j’ai annoncé ma candidature, il y a eu une campagne concertée pour détruire ma réputation », poursuit, sur Twitter, Mme Gabbard.  

« Maintenant nous savons que cela a toujours été vous », assène cette réserviste de l’armée américaine, avant de lui proposer de rejoindre l’arène électorale.  

PHOTO DON EMMERT, AGENCE FRANCE-PRESSE

Les Russes « savent qu’ils ne peuvent pas gagner sans un candidat indépendant », a appuyé l’ancienne première dame.  

Cette empoignade intervient dans une séquence médiatique particulière pour Mme Gabbard. Le New York Times rapportait il y a quelques jours que des républicains étaient impressionnés par son énergie et son programme politique.  

Le théoricien d’extrême droite Mike Cernovich avait aussi dit d’elle qu’elle semblait « très Trumpienne ».     

Mais la candidate âgée de 38 ans a rejeté certains soutiens venus de la droite et de l’extrême droite américaines. Au cours du dernier débat démocrate, en milieu de semaine, Mme Gabbard a jugé « complètement ignobles » les commentateurs de télévision qui la qualifiaient d’atout russe.  

En 2016, les voix obtenues par la candidate écologiste Jill Stein auraient statistiquement suffi à Hillary Clinton pour remporter les États clés du Michigan, de la Pennsylvanie et du Wisconsin.  

Tulsi Gabbard avait rencontré en Syrie — allié de la Russie — le dirigeant Bachar al-Assad en 2017, une visite qui lui avait valu de nombreuses critiques aux États-Unis.