(Washington) Un élu américain ultraconservateur, fermement opposé à l’avortement dans toutes les circonstances, a fait scandale mercredi en estimant que c’est grâce aux viols et aux incestes survenus au cours de l’Histoire que l’espèce humaine a survécu.

Agence France-Presse

Le républicain Steve King, 70 ans, défendait ses positions sur l’avortement, auquel il est opposé même en cas de viol ou d’inceste, au cours d’un discours devant un groupe de conservateurs à Urbandale, dans l’Iowa, l’État qu’il représente au Congrès.

« Et si on remontait tous les arbres généalogiques et qu’on en retirait ceux qui ont été le produit de viol ou d’inceste ? Est-ce qu’il resterait un humain dans le monde ? », s’est-il demandé dans ce discours dont la vidéo a été publiée par le quotidien local, le Des Moines Register.  

« Vu toutes les guerres, tous les viols, tous les pillages qui ont eu lieu […], je ne peux pas affirmer que je n’en suis pas le produit », a-t-il ajouté. « J’aime à penser que chacune de nos vies est aussi précieuse que les autres ».

Farouche soutien du président Donald Trump, férocement anti-immigration, Steve King est une personnalité controversée au Congrès, notamment en raison de déclarations racistes. L’an dernier, il avait été sanctionné par son propre parti pour avoir défendu le suprémacisme blanc.

Sa dernière tirade a de nouveau suscité les critiques au sein de son parti.  

Il est le « meilleur espoir » des démocrates pour garder le contrôle de la Chambre des représentants à Washington, a jugé Randy Feenstra, un élu local de l’Iowa qui fait campagne pour décrocher la nomination du parti républicain pour le siège de Steve King en 2020.

« Trump a besoin de soutiens au Congrès, pas de distractions », a-t-il ajouté sur Twitter.

Les candidats démocrates à la Maison-Blanche ont été nombreux à dénoncer les propos de Steve King.

« Il est temps de déloger ce fanatique », a commenté Julian Castro, ancien Secrétaire au logement de Barack Obama et seul candidat hispanique dans la course.

« Vous êtes une honte. Démissionnez », a réagi la sénatrice Kirsten Gillibrand, également candidate à la primaire démocrate.