(El Paso, Washington ) Un tireur a semé la mort samedi dans un centre commercial d’El Paso au Texas, dans le sud des États-Unis, où il a tué 20 personnes venues faire leurs courses avant d’être interpellé et placé en garde à vue par la police qui soupçonne un crime à caractère raciste.

Joel Angel JUAREZ, Charlotte PLANTIVE
Agence France-Presse

La fusillade, survenue aux abords d’un hypermarché Walmart prisé de la communauté hispanique, a également fait 26 blessés, dont certains se trouvaient dans un état critique.

La police a placé en garde à vue un homme blanc de 21 ans et enquête sur un possible motif « haineux », ce qui aux États-Unis désigne les attaques motivées par l’origine, la religion, ou encore l’orientation sexuelle des victimes.

Un manifeste, attribué au tireur, circule sur l’internet. Ce texte dénonce notamment « une invasion hispanique du Texas » et fait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (51 morts, le 15 mars).

Ville frontalière de 680 000 habitants faisant face à la métropole mexicaine de Ciudad Juarez, El Paso compte une population à 80 % hispanique, selon des statistiques de 2018.

Trois Mexicains ont été tués dans la fusillade qui a semé la panique dans la zone commerciale, et la consternation aux États-Unis.

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La police a appelé la population d’El Paso à donner son sang pour venir en aide aux nombreux blessés transférés dans plusieurs hôpitaux.  

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« Nous avons onze victimes âgées de 35 à 82 ans dans notre hôpital », a déclaré David Shimp, le directeur du centre médical Del Sol. « Neuf sont dans un état critique », a-t-il ajouté sur la chaîne CNN.

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Après son arrestation, des policiers ont ratissé le supermarché et la galerie commerciale voisine pour s’assurer qu’aucun tueur ne restait en liberté dans ces commerces très fréquentés par la communauté hispanique.

CAPTURE D’ÉCRAN GOOGLE MAPS

« Tomber à terre »

D’après certains médias, le tireur s’appelle Patrick Crusius. Il est originaire d’Allen, près de Dallas, à neuf heures de voiture d’El Paso, et s’est rendu à la police après le massacre.

Sur une capture d’écran de caméra de surveillance, mise en ligne par la chaîne locale KTSM, on le voit entrer dans l’hypermarché armé d’un fusil, les oreilles couvertes d’un casque anti-bruit.

Le magasin venait de mettre en vente des fournitures scolaires avant la rentrée. Selon la police, entre 1000 et 3000 clients s’y pressaient pour faire leurs courses au moment du drame.

Vanessa Saenz, 37 ans, a expliqué sur Fox News avoir entendu « comme des feux d’artifice » alors qu’elle cherchait une place de stationnement.

« J’ai vu un homme avec un T-shirt noir et un pantalon de camouflage qui portait ce qui m’a semblé être un fusil. Il visait les gens et tirait directement sur eux. J’en ai vu trois ou quatre tomber à terre », a-t-elle raconté.

Des vidéos amateurs montraient des scènes de chaos, avec des clients qui courent pour se mettre à l’abri, et des corps inanimés au sol.

Robert Curado a expliqué au journal El Paso Times s’être caché avec sa mère entre deux distributeurs à l’entrée du Walmart. « L’homme a essayé de me tirer dessus mais il m’a raté car j’ai plongé », a-t-il raconté en assurant avoir reconnu un fusil d’assaut AK-47.  

Don de sang

« Cette journée, qui aurait dû être normale pour des gens venus faire du magasinage, s’est transformée en l’une des plus meurtrières de l’histoire du Texas », a regretté le gouverneur de cet immense État, Greg Abbott.

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Le gouverneur du Texas Greg Abbott

« Vingt innocents ont perdu la vie », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, en appelant la population d’El Paso à « se réunir », toutes origines confondues, pour surmonter cette « catastrophe ».

Sans attendre, les habitants de la ville ont répondu massivement à un appel à donner leur sang pour les blessés, âgés de 2 à 82 ans, selon les médias. Plusieurs veillées en mémoire des victimes devaient également se tenir dans la soirée.  

Les États-Unis, où il y a plus d’armes à feu que d’habitants, sont régulièrement endeuillés par des fusillades qui touchent aussi bien les écoles que les lieux de culte, de fête ou de travail ou les commerces.  

Dimanche, un tireur de 19 ans a fait irruption dans un festival de gastronomie en Californie, tuant trois personnes dont un garçon de trois ans, avant de se donner la mort.

Un employé du groupe Walmart avait déjà ouvert le feu mardi dans un supermarché de la chaîne, situé dans le Mississippi, tuant deux de ses collègues. « Nous sommes sous le choc », a écrit le groupe après la tragédie d’El Paso.

Comme après chaque bain de sang, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer une meilleure régulation du marché des armes à feu.

« Il est grand temps d’agir et de mettre un terme à cette épidémie de violences liée aux armes », a tweeté le favori de la course à la primaire démocrate Joe Biden, en ajoutant avoir « le cœur brisé » face à la tragédie d’El Paso.

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Beto O’Rourke participait samedi à un événement à Las Vegas.

Un de ses rivaux, Beto O’Rourke, « extrêmement attristé », a suspendu sa campagne pour revenir dans sa ville natale.

Le procureur général des États-Unis Bill Barr a promis de traduire rapidement en justice le responsable du massacre.

La 249e tuerie de l’année

La tuerie est la 249e de l’année, selon l’organisme américain Gun Violence Archive, qui compile les données de plus de 6500 instances policières, médiatiques et gouvernementales des États-Unis.

L’événement est aussi la 8e tuerie ayant fait plus de 10 victimes cette année aux États-Unis. Selon les chiffres, il y a en moyenne plus d’une tuerie de masse par jour dans le pays.

Une « tuerie de masse » impliquant une arme à feu est définie par l’organisme comme tout incident ayant fait au moins 4 victimes, mortes ou blessés, qui s’est produit au même endroit et au cours d’un seul événement.

Avec Raphaël Pirro, La Presse