Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a refusé mardi de dire si les États-Unis s'opposeraient à une éventuelle annexion des colonies de Cisjordanie par Israël, promise par le premier ministre Benyamin Nétanyahou.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Avant les élections législatives de ce mardi, le chef du gouvernement sortant, qui semble être sorti vainqueur du scrutin selon des projections, a dit vouloir annexer les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée.

Les colonies installées sur les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967 sont illégales au regard du droit international et une grande partie de la communauté internationale voit en elles un obstacle majeur à la paix. Leur annexion par l'État hébreu pourrait sonner le glas de la solution dite à deux États, c'est-à-dire la création d'un État palestinien qui coexisterait avec Israël.

Prié de dire, par le sénateur démocrate Chris Van Hollen, si l'administration de Donald Trump s'opposerait à une « annexion unilatérale de tout ou partie de la Cisjordanie par Israël », Mike Pompeo a refusé de répondre lors d'une audition parlementaire.

« Vous verrez notre proposition », s'est-il borné à dire à plusieurs reprises au sujet du « plan de paix » préparé depuis près de deux ans dans le plus grand secret par une petite équipe mise en place à la Maison-Blanche par le président Trump, dirigée par son conseiller et gendre Jared Kushner.

Ce plan sera dévoilé « dans pas longtemps », a poursuivi M. Pompeo, sans plus de précisions.

Le secrétaire d'État a également refusé de réaffirmer le soutien américain à une solution à deux États, défendue par les précédentes administrations des États-Unis mais que l'actuel gouvernement républicain n'a jamais clairement fait sienne.

« In fine, les Israéliens et les Palestiniens décideront comment résoudre cela », a-t-il déclaré. « Nous espérons avoir certaines idées qui sont différentes, uniques, qui permettront aux Israéliens et aux Palestiniens de parvenir à une résolution du conflit. »

Le plan américain, a poursuivi le secrétaire d'État, visera « à résoudre un problème qui dure depuis des décennies et des décennies, que les précédentes administrations (américaines) n'ont pas pu résoudre ».

Une annexion de tout ou partie de la Cisjordanie par Israël « saperait tout effort pour une solution pacifique à deux États », lui a répondu le sénateur Van Hollen.

L'administration Trump a déjà pris des décisions spectaculaires en rupture avec le consensus international et avec la tradition diplomatique américaine, en reconnaissant unilatéralement, sans attendre de dévoiler son plan de paix, Jérusalem comme capitale d'Israël et l'annexion du Golan syrien par l'État hébreu.

Depuis l'annonce sur Jérusalem, les dirigeants palestiniens refusent tout contact avec Washington.