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Trump s'oppose au retour au pays d'une femme ayant rejoint l'EI

«On ne peut pas arriver au point où... (Photo Chris O'Meara, AP)

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«On ne peut pas arriver au point où nous privons tout simplement de nationalité ceux qui ont violé la loi. Ce n'est pas ça, l'Amérique», a plaidé Me Hassan Shibly, l'avocat de Hoda Muthana.

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SYLVIE LANTEAUME
Agence France-Presse
Washington

Le président Trump s'est opposé mercredi au retour aux États-Unis d'une femme qui avait rejoint le groupe État Islamique (EI) en Syrie, Washington affirmant qu'elle n'était pas Américaine, ce que son avocat a immédiatement démenti.

«J'ai ordonné au secrétaire d'État Mike Pompeo, et il est complètement d'accord, de ne pas autoriser le retour de Hoda Muthana au pays!», a-t-il tweeté peu après un communiqué du chef de la diplomatie assurant que cette dernière n'était pas une citoyenne américaine.

«Elle n'a pas de fondement juridique, ni de passeport américain valide, ni de droit à un passeport, ni aucun visa pour se rendre aux États-Unis», a précisé M. Pompeo.

Mais l'avocat de la jeune femme, dont le père avait été un diplomate yéménite, s'est élevé contre cet argument. 

«Hoda Muthana est née dans le New Jersey en 1994, plusieurs mois après que son père eut cessé d'être diplomate. Elle est citoyenne américaine», a indiqué Me Hassan Shibly, en référence à une règle qui veut que les enfants de diplomates nés aux États-Unis pendant qu'il y sont en poste n'acquièrent pas automatiquement la nationalité américaine.  

«Elle avait un passeport valide» quand elle est partie en Syrie en 2014 rejoindre les rangs du groupe État islamique, a-t-il ajouté.

«Il est possible qu'elle ait enfreint la loi, et si c'est le cas, elle est prête à en payer le prix», a poursuivi l'avocat. «On ne peut pas arriver au point où nous privons tout simplement de nationalité ceux qui ont violé la loi. Ce n'est pas ça, l'Amérique.»

Selon un responsable américain, elle n'aurait pas dû détenir ce passeport. «Mme Muthana [...] n'a jamais été une citoyenne américaine», a-t-il précisé.  

Le cas de Hoda Muthana intervient au moment où le président américain Donald Trump exhorte les Européens à reprendre leurs centaines de ressortissants détenus par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) après avoir rejoint les rangs de l'EI, afin de les traduire en justice.

Donald Trump, qui s'est engagé en décembre à retirer les quelques 2000 militaires américains déployés en Syrie, a répété dimanche qu'il ne souhaitait pas voir «ces combattants de l'EI se répand (re) en Europe» à l'avenir.

Mais les pays européens concernés ont réagi avec tiédeur, craignant notamment une radicalisation au sein des prisons où ils seront détenus à leur retour.

«Grave erreur»

Hoda Muthana... (AFP) - image 2.0

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Hoda Muthana

AFP

Détenue dans un camp de réfugiés du nord-est syrien après s'être rendue aux forces kurdes, Hoda Muthana a, selon l'organisation Counter Extremism Project, activement participé à la propagande djihadiste sous le pseudonyme de «Oum Djihad».

Elle a notamment appelé à «faire couler le sang américain» et félicité les auteurs de l'attentat de 2015 contre Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts. «Je tire mon chapeau aux moudj de Paris», a-t-elle ainsi tweeté sur son compte aujourd'hui suspendu, utilisant une abbréviation pour évoquer les «moudjahidines» (combattants du djihad).

Elle souhaite rentrer aux États-Unis et a accordé des entretiens à plusieurs journaux occidentaux dans lesquels elle affirme regretter profondément ses actes.

«J'ai réalisé que j'avais fait une grave erreur. Je sais que j'ai gâché mon avenir et celui de mon fils et je le regrette très profondément», a déclaré la jeune femme au quotidien britannique The Guardian. Elle dit avoir été mariée à trois combattants de l'EI, tous tués, et avoir un fils de 18 mois.

Au New York Times, elle a raconté avoir commencé à avoir des doutes sur son engagement au cours de sa deuxième année passée dans le califat que l'EI avait autoproclamé à cheval sur le nord-est de la Syrie et le nord-ouest de l'Irak. «Je me suis dit, "Qu'est-ce que je suis en train de faire?"»

Selon le New York Times, une femme de 46 ans détenant la double nationalité américaine et canadienne est détenue dans le même camp que Hoda Muthana. Kimberly Gwen Polman a quitté le Canada en 2015 pour rejoindre un combattant de l'EI rencontré en ligne.  

Les deux femmes ont indiqué au journal avoir connaissance de quatre soeurs originaires de Seattle détenues dans un autre camp avec leurs quatre enfants.  

Londres a décidé de déchoir de sa nationalité une jeune femme de 19 ans, Shamina Begum, qui avait rejoint le groupe djihadiste État islamique en Syrie et souhaite désormais rentrer au Royaume-Uni.

Elle y a donné naissance à son troisième enfant durant le week-end et réclamé de la «compassion» afin de rentrer au Royaume-Uni avec son bébé, tout en disant ne pas regretter d'avoir rejoint l'EI.




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