Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a nommé vendredi un émissaire, Elliott Abrams, pour contribuer à « restaurer la démocratie » au Venezuela, où les États-Unis ont reconnu Juan Guaido comme « président par intérim » en lieu et place de Nicolas Maduro.

Mis à jour le 25 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Cet ex-diplomate, qui a notamment servi sous les présidents républicains Ronald Reagan et George W. Bush, a estimé devant la presse que la crise au Venezuela était « profonde, complexe et dangereuse ». 

Le nouvel émissaire se rendra dès samedi au Conseil de sécurité de l'ONU, où Mike Pompeo entend « appeler les autres pays à soutenir la transition démocratique au Venezuela ». 

« M. Abrams aura la responsabilité de tout ce qui est lié à nos efforts pour rétablir la démocratie au Venezuela », a insisté le secrétaire d'État américain, évoquant « un défi mondial ». 

Il a estimé que l'autoproclamation du président de l'Assemblée nationale, Juan Guaido, comme président en exercice du Venezuela était « seulement la première étape du chemin des Vénézuéliens vers la liberté ». 

Parmi les mesures américaines pour soutenir cet opposant au dirigeant socialiste Nicolas Maduro, le Trésor américain a dans la foulée annoncé que les États-Unis utiliseraient « les outils économiques et diplomatiques à leur disposition pour faire en sorte que les transactions commerciales avec le gouvernement vénézuélien, y compris celles impliquant les entreprises publiques et les réserves internationales », bénéficient aux autorités dirigées par Juan Guaido.

Le porte-parole du Trésor n'a toutefois pas expliqué comment Washington pourrait garantir ce processus.

Elliott Abrams avait failli devenir numéro deux du département d'État américain au début du mandat de Donald Trump, mais le président avait mis son veto en raison des critiques que le diplomate avait formulées à son égard durant la campagne électorale.

Mike Pompeo a loué la « passion pour les droits et les libertés de tous les peuples » du nouvel émissaire, qui a été, au milieu des années 2000, membre de l'équipe de néoconservateurs responsables de la sécurité nationale à la Maison-Blanche sous George W. Bush. Il avait notamment pour mission de promouvoir « la démocratie et les droits humains » dans le monde.

En 1987, secrétaire d'État adjoint responsable de l'Amérique latine, il avait admis avoir fait de la rétention d'informations devant le Congrès sur les efforts de l'administration Reagan, dont il faisait partie, pour assister les « Contras », la guérilla antigouvernementale au Nicaragua.