Un juge a condamné l'ancien policier de Chicago, Jason Van Dyke, à près de sept ans de prison pour avoir abattu par balles l'adolescent noir Laquan McDonald en 2014.

Mis à jour le 18 janv. 2019
DON BABWIN ET MICHAEL TARM ASSOCIATED PRESS

La peine de six ans et neuf mois d'emprisonnement prononcée par le juge Vincent Gaughan, vendredi, est survenue au lendemain de l'acquittement par un autre juge de trois policiers accusés d'avoir tenté d'étouffer l'affaire pour protéger M. Van Dyke.

Jason Van Dyke a tiré 16 fois sur Laquan McDonald, dont après que le garçon de 17 ans se soit écroulé au sol et alors qu'il bougeait à peine. Un jury a déclaré l'ex-policier coupable, en octobre, de meurtre au deuxième degré et de 16 chefs d'accusation de voies de fait graves, soit une accusation pour chaque coup de feu tiré.

L'affaire était en grande partie passée inaperçue à Chicago jusqu'à ce que la ville soit forcée de partager la vidéo de la caméra du véhicule de patrouille, 13 mois après les faits. Les images ont provoqué de grandes manifestations et mené au départ du plus haut responsable de la police de Chicago ainsi qu'à certaines réformes au sein de l'organisation.

Jason Van Dyke, âgé de 40 ans, est considéré comme le premier policier de Chicago à être reconnu coupable du meurtre d'un Afro-américain commis en service.

Au moment où le juge a prononcé la sentence, le prévenu n'a exprimé aucune réaction. Il est demeuré assis et a simplement cligné des yeux. Son épouse, Tiffany Van Dyke, n'a pas réagi non plus, mais d'autres personnes assises près d'elle ont montré des signes de soulagement.

La fille aînée du couple a éclaté en sanglots et s'est écriée : « Je veux qu'il rentre à la maison ».

Avant d'annoncer la peine d'emprisonnement, le juge a rappelé que la fusillade avait affecté les deux familles, soit les McDonald et les Van Dyke. Il a ajouté qu'il s'attendait à ce que 100 % des gens soient déçus par sa décision.

Les procureurs et les avocats de la défense se sont entendus sur une possibilité de libération conditionnelle dans moins de trois ans et demi si le détenu maintient une bonne conduite.

La famille de la jeune victime a déploré une sentence trop clémente. Son grand-oncle a soutenu que cette peine reléguait Laquan McDonald à « un citoyen de deuxième classe » et qu'elle laissait entendre « qu'il n'y a aucune loi pour les hommes noirs qu'un homme blanc n'a l'obligation d'honorer ».

Tout juste avant l'annonce de la sentence, Jason Van Dyke avait reconnu la mort de l'adolescent, disant au juge qu'« en tant qu'homme qui craint Dieu et en tant que père, je dois vivre avec cela pour le reste de mes jours ».

La peine prononcée représente moins de la moitié de la durée d'incarcération que réclamaient les procureurs, qui demandaient 18 à 20 ans de réclusion. Elle demeure tout de même plus sévère que la suggestion de la défense qui souhaitait que M. Van Dyke soit libéré sous conditions.