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Shutdown: les négociations dans l'impasse

Donald Trump a répondu aux questions des journalistes... (Photo JIM WATSON, Agence France-Presse)

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Donald Trump a répondu aux questions des journalistes lorsqu'il a quitté la Maison-Blanche pour se rendre à Camp David, le 6 janvier.

Photo JIM WATSON, Agence France-Presse

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JEROME CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Pas de fin de shutdown en vue à Washington : Donald Trump a réaffirmé dimanche sa volonté de construire un mur à la frontière avec le Mexique, précisant, fort du soutien « énorme » des républicains, qu'il n'avait pas l'intention de lâcher du lest dans les négociations budgétaires en cours.

« Nous devons construire le mur. Il s'agit de la sécurité de notre pays [...] Nous n'avons pas le choix », a martelé le président américain depuis les jardins de la Maison-Blanche avant de s'envoler pour Camp David où il devait passer la journée avec ses conseillers.

En l'absence d'accord sur une loi budgétaire entre républicains et démocrates, la paralysie partielle de l'administration fédérale est entrée dans sa troisième semaine. Quelque 800 000 fonctionnaires sont touchés. Des musées ont été contraints de fermer leurs portes et des ordures s'entassent dans les parcs nationaux.

Un avis concernant la fermeture de la National... (Photo KEVIN LAMARQUE, REUTERS) - image 2.0

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Un avis concernant la fermeture de la National Gallery of Art de Washington liée au shutdown a été installé pour aviser les visiteurs.

Photo KEVIN LAMARQUE, REUTERS

Reconnaissant qu'il ne s'attendait pas à une avancée de taille lors des discussions menées dimanche sous l'égide du vice-président Mike Pence, M. Trump a annoncé des discussions de fond à venir « lundi, mardi, mercredi ». Et de nouveau évoqué, sans s'y attarder, la possibilité d'avoir recours à une procédure d'urgence lui permettant de contourner le Congrès.

Le magnat de l'immobilier semble faire le pari qu'il est en train de gagner la bataille de communication du shutdown, dans laquelle chaque parti tente de faire porter la responsabilité du blocage à l'autre.

Mettant en avant un sondage mentionné sur Fox News selon lequel 75 % des Américains pensent que l'immigration est un sujet important, il répète que nombre de fonctionnaires contraints de rester chez eux depuis plusieurs semaines sont « à 100 % » derrière lui et que le parti républicain fait bloc.

« Ce shutdown pourrait s'achever demain ou pourrait durer longtemps, cela dépend vraiment des démocrates », a-t-il lancé. « Chuck Schumer, Nancy Pelosi [les deux ténors démocrates du Congrès, NDLR] et moi pouvons régler ce problème en 20 minutes s'ils le souhaitent », a-t-il insisté.  

« L'objectif n'est pas d'ouvrir les administrations, l'objectif est de réparer un système d'immigration qui ne fonctionne plus », a lancé en écho le sénateur républicain Lindsey Graham sur CBS.

Acier plutôt que béton ?

Le président américain réclame plus de 5 milliards de dollars pour édifier son mur afin de lutter contre l'immigration clandestine. Les républicains ont toujours le contrôle du Sénat mais toute loi budgétaire devant être adoptée par 60 voix sur 100 à la chambre haute, ils ne peuvent se passer des démocrates.

Les démocrates, qui ont repris le contrôle de la Chambre des représentants à l'issue des élections de mi-mandat, répètent qu'ils sont opposés au financement de ce mur qu'ils jugent « immoral », couteux et inefficace.

L'élue démocrate de Californie Nancy Pelosi, qui vient de prendre la présidence de la Chambre des représentants, a déploré le comportement de l'impétueux président dans les difficiles tractations en cours.

« L'impression que vous avez de ce président est qu'il aimerait non seulement fermer les administrations fédérales, construire un mur mais aussi abolir le Congrès pour que la seule voix qui compte soit la sienne », a-t-elle affirmé sur CBS.

M. Trump a par ailleurs répété qu'il était prêt à ce que le mur qu'il a promis durant sa campagne électorale soit fait d'acier et non de béton, si cela permettait de débloquer les négociations avec ses adversaires politiques.

Il ainsi assuré qu'il allait prendre contact avec les principaux acteurs de cette industrie « pour qu'ils proposent le design d'un magnifique produit en acier qui sera fait ici et que nous utiliserons comme barrière ».

M. Trump, qui envoie depuis son arrivée au pouvoir des signaux contradictoires sur son projet emblématique comme sur son financement, a déjà évoqué par le passé la mise en place de « barres d'acier conçues de manière artistique » afin qu'il soit possible de voir à travers.




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