(Washington) Un homme a abattu trois adolescents qui s’étaient introduits sur sa propriété, mais n’a pas été inculpé pour l’instant et pourrait selon la police bénéficier d’un principe extensif de légitime défense.

Agence France-Presse

Les trois jeunes, deux Noirs et un Hispanique âgés de 15 et 16 ans, ont été mortellement touchés lundi avant l’aube par un habitant de Conyers, une petite ville dans la banlieue d’Atlanta, dans le sud-est des États-Unis.  

Selon les premiers éléments de l’enquête, «ils avaient le visage caché quand ils se sont approchés de la résidence avec l’intention de dévaliser trois personnes qui se trouvaient devant la maison», a expliqué dans un communiqué le porte-parole de la police du comté de Rockdale, Lee Thomas.

L’un des jeunes «a brandi une arme et fait feu sur les résidants et l’un d’eux a répliqué», a-t-il ajouté. Aucune des victimes de la tentative de vol présumée n’a été blessée mais les trois adolescents sont morts, un sur place, les deux autres à l’hôpital.

L’auteur des tirs n’a pas été inculpé à ce stade, a précisé M. Thomas, en soulignant que l’enquête se poursuivait.

Selon le shérif Eric Levett, cité par la presse locale, le dossier pourrait entrer dans le cadre d’une loi qui autorise à recourir à la force létale face à une menace vitale, même si d’autres options sont possibles comme se cacher ou battre en retraite.

Ce dispositif controversé, baptisé «Stand Your Ground», est en vigueur en Géorgie et dans une vingtaine d’autres États.

Aux États-Unis, le droit à l’autodéfense est un argument régulièrement brandi par le lobby des armes à feu.

Son application suscite régulièrement des controverses, comme après la mort de Trayvon Martin, un adolescent noir non armé qui avait été abattu par un vigile en 2012 en Floride. Son meurtrier avait été acquitté après avoir plaidé la légitime défense. Cette décision avait causé un fort émoi et participé à la naissance du mouvement militant Black Lives Matter.