(Washington) Le président Donald Trump a qualifié mardi de « très triste moment » le renoncement du gouvernement à introduire une question sur la nationalité dans le prochain recensement de la population aux États-Unis, une mesure qui risquait selon ses détracteurs de conduire à des discriminations ou à minimiser le nombre de la population d’origine immigrée.

Agence France-Presse

« Un très triste moment pour l’Amérique alors que la Cour suprême des États-Unis n’autorisera pas la question ’Cette personne est-elle un citoyen des États-Unis ?’ à être posée dans le recensement de 2020 », a souligné le président américain sur Twitter.

Donald Trump a précisé qu’il avait demandé aux départements du Commerce et de la Justice de « faire tout ce qui est nécessaire pour mener cette question essentielle […] à une conclusion positive ».

Le président américain avait d’abord appelé à un report de l’impression imminente des formulaires devant servir au recensement – qui doit se tenir tous les dix ans selon la Constitution – le temps de fournir de nouveaux arguments à la Cour.

Avec finalement le renoncement du gouvernement américain, toute possibilité de modifier le format du recensement est close.

« Il y a une grande différence pour moi entre être un citoyen des États-Unis et être un [résidant] illégal », avait encore déclaré M. Trump lundi devant des journalistes, réaffirmant vouloir établir grâce au recensement la situation de chacun.

La procureure générale de l’État de New York, Letitia James, qui avait attaqué la proposition gouvernementale aux côtés d’autres États, s’est pour sa part félicitée : « Nous sommes heureux que le recensement de 2020 commence à être imprimé sans une question sur la nationalité ».

« Alors que l’administration Trump a pu chercher à politiser le recensement », celui-ci « restera un outil servant à obtenir un décompte exact de notre population », a-t-elle ajouté dans un communiqué.  

Les enjeux étaient énormes : le recensement conditionne l’octroi de 675 milliards de dollars de subventions fédérales et le nombre de sièges alloués à chaque État à la Chambre des représentants, en fonction du nombre de résidents.

Or, l’ajout d’une question sur la nationalité, abandonnée il y a plus de soixante ans, aurait poussé entre 1,6 et 6,5 millions d’immigrés à s’abstenir de participer ou à mentir sur le questionnaire, par peur d’être fichés, selon les experts du bureau du recensement.

Certains estiment également que cette question aurait conduit à des discriminations envers des minorités.