La Maison-Blanche s'est dite « ouverte » mardi à ce qu'une deuxième accusatrice du juge Brett Kavanaugh soit entendue par la commission judiciaire du Sénat jeudi, en même temps que la première femme à avoir accusé d'agression sexuelle le candidat de Donald Trump à la Cour suprême.

Mis à jour le 25 sept. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Nous serions certainement ouverts à cela », a répondu lors de l'émission Good Morning America la porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Sanders à la question de savoir si le président américain serait favorable à une audition de Deborah Ramirez, qui a à son tour mis en cause Brett Kavanaugh ce week-end.

« Et cela pourrait avoir lieu jeudi », a-t-elle précisé. « Le président a dit un certain nombre de fois que ces personnes devaient être entendues [...] Laissons-les parler, mais laissons aussi Brett Kavanaugh parler et raconter sa version des faits avant de laisser des accusations décider de son avenir ».

Ancienne connaissance du juge Kavanaugh, Deborah Ramirez, 53 ans, a déclaré dans le magazine New Yorker que ce dernier avait, lors d'une soirée arrosée à l'université de Yale dans les années 1980, sorti son sexe devant elle, la contraignant à le toucher alors qu'elle le repoussait.

Quelques jours auparavant, Christine Blasey Ford, chercheuse en psychologie de 51 ans, avait affirmé que le jeune Kavanaugh et un ami, « complètement ivres », l'avaient isolée dans une chambre et que le futur juge l'avait plaquée sur un lit avant d'essayer de la déshabiller. Profitant de leur ébriété, elle aurait réussi à fuir.

Des accusations rejetées en bloc par le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, qui a martelé lundi dans une interview-confession avec la chaîne Fox News « n'avoir jamais commis d'agression sexuelle », allant jusqu'à livrer des détails intimes pour tenter de convaincre de son innocence.

« Je n'ai pas eu de rapport sexuel, ni rien s'en approchant, pendant toutes mes années d'école secondaire et pendant plusieurs années ensuite », a ainsi révélé le magistrat conservateur de 53 ans pour contredire l'image de jeune fêtard débridé brossée par ses accusatrices.

Trump veut accélérer la confirmation

La Maison-Blanche a souhaité mardi passer à la vitesse supérieure avec un vote du Sénat sur son candidat à la Cour suprême.

Appelé à retirer sa candidature par des élus démocrates ou des militants féministes, le juge Brett Kavanaugh, 53 ans, refuse de se laisser « intimider » par ce qu'il considère n'être qu'une « campagne de calomnies » destinée à faire dérailler sa confirmation.

Donald Trump, qui a choisi ce magistrat conservateur pour satisfaire sa base électorale, a fait savoir lundi qu'il restait « à fond » derrière son candidat, « un homme parfait » victime selon lui de manoeuvres « politiques ».

Et maintenant « le président veut que le processus aboutisse à un vote » du Sénat, seul habilité à donner le feu vert pour les postes de juge à vie à la Cour suprême, a déclaré mardi la porte-parole de la Maison blanche Sarah Sanders.

« C'est injuste de continuer à traîner et de mettre des bonnes personnes à l'épreuve à cause de jeux politiques suscités par les démocrates », a-t-elle ajouté sur la chaîne Fox News.

Il paraît désormais peu probable que le juge soit confirmé à temps pour la reprise des audiences de la Cour suprême le 1er octobre, comme l'espérait la majorité républicaine qui continue toutefois à pousser pour un vote avant les élections législatives du 6 novembre.

« Pour le bien du pays »L'entrée de Brett Kavanaugh à la Cour suprême placerait les juges progressistes en minorité au sein de cette juridiction chargée de veiller à la constitutionnalité des lois mais aussi de trancher les questions de société les plus épineuses, comme la régulation des armes à feu, le droit à l'avortement ou le mariage homosexuel.

Les démocrates se sont dressés contre le juge Kavanaugh dès sa nomination par le président Trump. Ils se sont ensuite saisis des accusations d'agressions sexuelles portées contre lui pour demander un report du vote de confirmation.

Et certains demandent désormais qu'il jette l'éponge. « Pour le bien de ce pays et l'intégrité de la cour, il devrait se retirer », a ainsi tweeté mardi le sénateur Jeff Merkley.