Le conseiller à la sécurité nationale américain John Bolton a assuré jeudi que les États-Unis ne toléreraient aucune «ingérence» russe lors des élections de mi-mandat en novembre, Washington étant prêt à prendre «les mesures nécessaires».

Publié le 23 août 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Bolton s'exprimait devant les médias à l'issue d'une rencontre de cinq heures à Genève avec le secrétaire général du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev.

«J'ai dit clairement que nous ne tolérerions aucune ingérence en 2018 et que nous étions prêts à prendre les mesures nécessaires pour empêcher que cela ne se produise», a déclaré M. Bolton, lors de la conférence de presse.

Les deux hommes ont souligné que la question de l'ingérence les avait empêchés de publier une déclaration commune à l'issue de leur rencontre, Washington tenant à ce que le sujet soit mentionné, contrairement à Moscou.

«Nous avons dit que s'il y a une telle phrase (sur l'ingérence présumée russe dans les élections américaines, NDLR), il faut inclure aussi dans ce document une phrase disant que les Américains ne doivent pas s'ingérer dans les affaires intérieures (des autres pays). Alors, ils ont dit qu'ils n'allaient pas signer du tout cette déclaration», a assuré pour sa part M. Patrouchev, cité par l'agence de presse publique RIA Novosti.

La Russie est accusée par le renseignement américain d'ingérence lors de l'élection présidentielle de 2016, qui a porté au pouvoir Donald Trump. Cette ingérence présumée fait l'objet d'une enquête aux États-Unis, dénoncée par M. Trump lui-même comme une «chasse aux sorcières».

Les autorités russes ont fermement rejeté ces accusations à maintes reprises.

M. Bolton a par ailleurs indiqué avoir discuté avec son homologue russe d'une multitude de sujets, comme la lutte contre le terrorisme, l'immigration illégale, le Moyen-Orient, l'Afghanistan et l'Ukraine, estimant avoir fait des «progrès considérables».

«Nous avons fait beaucoup de progrès, nous avons identifié certains domaines pour lesquels les lignes de communication pourraient être rétablies», a-t-il dit, mentionnant des agences d'État et le département de la Défense. Il a également affirmé que «dans d'autres domaines, des désaccords persistent», sans préciser lesquels.

Selon RIA Novosti, M. Patrouchev a indiqué qu'ils s'étaient mis d'accord avec M. Bolton pour «rétablir les contacts suspendus entre les ministères de la Défense, les états-majors (...) et les ministères des Affaires étrangères».

Les deux hommes ont prévu d'organiser une nouvelle rencontre entre responsables russes et américains, mais aucune date n'a été fixée.

Les relations entre Moscou et Washington, au plus bas depuis la fin de la Guerre froide, sont notamment plombées par des divergences persistantes sur le conflit en Syrie et sur l'Ukraine.