Des dizaines de milliers d'hectares sont partis en fumée depuis mi-juillet en Californie, les flammes profitant de la sécheresse et de températures élevées pour se propager dans des zones difficiles d'accès, mais les pompiers ont enregistré ces dernières heures quelques progrès sur le brasier-record.

Mis à jour le 8 août 2018
David McNew et Élodie Mazein AGENCE FRANCE-PRESSE

Les conditions climatiques devraient rester favorables aux incendies au moins jusqu'à samedi soir, selon l'antenne de Sacramento des services météorologiques (NWS), avec des vents soufflant jusqu'à près de 60 km/h sur les hauteurs et un mercure pouvant grimper jusqu'à 35 degrés Celsius dans les régions montagneuses et à 39 degrés dans les plaines.

«La fumée et le brouillard vont continuer d'affecter le nord de la Californie», a-t-elle précisé sur Twitter. «Températures supérieures et inquiétudes croissantes sur les conditions climatiques favorables aux incendies en fin de semaine».

Pour les quelque 14 000 pompiers mobilisés actuellement sur le front des incendies à travers toute la Californie, la météo peut radicalement changer la donne comme ces dernières 24 heures sur le Mendocino Complex qui a battu lundi soir le record du plus destructeur de l'État en superficie.

«Le temps a été un facteur très important aujourd'hui et grâce aux vents d'altitude qui ont recouvert de fumée la zone du feu, cela a entraîné des températures plus basses que prévu», a expliqué Cal Fire, service des pompiers de Californie, dans un communiqué mardi soir.

«Cette baisse de la température a permis aux équipes de poursuivre leur oeuvre précieuse pour contenir le périmètre du feu, ralentir la propagation du feu», a précisé l'organisme, prévoyant que les 4000 pompiers luttant contre cet incendie continuent de «tirer avantage» dans la nuit de mardi à mercredi de ces conditions.

Selon le bilan à 10h mercredi, le Mendocino Complex a détruit plus de 121 000 hectares depuis le 27 juillet et était circonscrit à 47%, soit une bonne progression par rapport aux 34% signalés à 22h mardi. Cal Fire anticipe qu'il soit cerné totalement au 1er septembre.

28 000 pompiers

Il est composé en réalité de deux foyers mitoyens: le Ranch Fire, le plus important avec près de 102 000 hectares brûlés, qui était maitrisé à 46% mercredi matin, et le River Fire, circonscrit à 81%.

Plus au nord, près de la ville de Redding, l'incendie Carr restait maitrisé à 47% au petit matin avec plus de 70 200 hectares détruits. Plus de 4700 pompiers luttent contre ce sinistre qui a causé la mort de sept personnes depuis le 23 juillet et a réduit en cendres 1600 bâtiments, dont un millier d'habitations.

Autre brasier d'ampleur: le Ferguson Fire, qui a contraint à la fermeture partielle du très touristique parc de Yosemite. Mercredi matin, il était circonscrit à 43% et avait détruit près de 38 500 hectares depuis le 13 juillet.

Le Centre national des incendies (NIFC), qui regroupe neuf agences américaines de gestion des feux, a indiqué que sur la seule journée de lundi plus de 127 brasiers ont sévi dans onze États américains, représentant alors près de 650 000 hectares détruits.

Il a fait appel à l'armée pour que des militaires s'ajoutent aux renforts déjà envoyés par de nombreux États américains et depuis l'étranger, comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Lundi, plus de 28 000 personnes luttaient contre les flammes dans le pays.

«Je ne peux exprimer assez de reconnaissance à toutes les ressources locales, de l'État, des autres États, fédérales, privées et de l'étranger qui ont répondu face aux CAWildfires! Votre engagement et votre dévouement sont exceptionnels», a tweeté mercredi Mark Ghilarducci, directeur du bureau des services d'urgence du gouverneur de Californie (Cal OES).

Depuis la mi-juillet, une dizaine de personnes - dont au moins quatre pompiers - ont été tuées par ces incendies dans l'État le plus peuplé des États-Unis.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été évacuées en près d'un mois, dont un certain nombre ont été autorisées à rentrer chez elles après le passage des flammes.

Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche l'état de catastrophe naturelle en Californie, en ordonnant une assistance fédérale aux autorités locales.