Le département américain de la Justice a défendu lundi la politique de « tolérance zéro » de l'administration Trump, en vertu de laquelle des enfants ont été séparés de leurs parents sans-papiers, en assurant vouloir éviter « l'anarchie » dans le pays.

Publié le 18 juin 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Nous ne voulons pas séparer les enfants de leurs parents. [Mais] nous ne voulons pas non plus que des adultes amènent leurs enfants illégalement, mettant ces enfants en danger », a déclaré le procureur général Jeff Sessions lors d'un discours devant l'association nationale des shérifs à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane.

Pour M. Sessions, la question est de savoir si « nous voulons être un pays de lois ou si nous voulons être un pays sans frontières ».

« C'est l'une des raisons pour lesquelles le peuple américain a élu le président Donald Trump [...], c'était pour mettre fin à l'anarchie à notre frontière sud », a-t-il affirmé.

L'administration américaine a révélé vendredi que sa nouvelle politique de « tolérance zéro » à la frontière avec le Mexique avait conduit depuis mi-avril à la séparation de 2000 enfants de leurs parents, arrêtés pour être entrés illégalement aux États-Unis.

Cette pratique a déclenché un torrent de critiques, de l'opposition démocrate à l'ONU. Dans une rare incursion sur la scène politique, la première dame Melania Trump a dit « détester voir des enfants séparés de leur famille ».

Cette mesure était déjà possible sous le président démocrate Barack Obama, mais rarement appliquée. L'administration Trump l'a rendue systématique.

Le département de la Justice a assuré lundi que les autorités américaines « travaillaient dur pour toujours prendre soin » des enfants « correctement ».

« Si nous construisons un mur, [si] nous adoptons des lois, [si] nous comblons certaines lacunes, nous n'aurons plus à faire face à ces choix terribles », a-t-il dit.

Donald Trump martèle que la responsabilité de cette situation revient aux démocrates qui bloquent, selon lui, toute avancée sur une réforme migratoire incluant ses exigences - notamment sur un mur à la frontière et une limite à l'immigration légale - alors même que les républicains détiennent la majorité au Congrès.

Photo Gerald Herbert, Associated Press

Le procureur général Jeff Sessions