Le nombre de groupes incitant à la haine raciale et de milices «antigouvernementales» a augmenté pour la première fois depuis plusieurs années en 2015 aux États-Unis, alimenté notamment par leur peur du déclin de la majorité blanche, a alerté mercredi l'ONG Southern Poverty Law Center.

Mis à jour le 17 févr. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon cette organisation, qui documente depuis le début des années 70 les violences raciales et communautaires aux États-Unis, le nombre de groupes incitant à la haine envers les minorités (noires, hispaniques, juives ou musulmanes) et les homosexuels est passé de 784 à 892, de 2014 à 2015, poussé par l'augmentation du nombre de chapitres du Klu Klux Klan, des partisans de la suprématie blanche.

Il s'agit surtout de la première augmentation du nombre de ces groupes depuis 2011 alors qu'un pic de 1018 organisations avait été recensé.

Le nombre de milices «patriotes», antigouvernementales, a aussi bondi de 14 % en 2015 pour atteindre 998 chapitres à travers les États-Unis, chiffre le Southern Poverty Law Center, une première augmentation depuis 2012, année de la réélection de Barack Obama où 1360 de ces groupes avaient été dénombrés.

«Le gros de cette colère vient de la classe moyenne en difficulté et, dans une moindre mesure, de la classe moyenne blanche, en particulier de la frange la moins éduquée, celle qui soutient à grands cris (Donald) Trump», souligne l'ONG dans son rapport annuel sur la violence politique aux États-Unis.

«Ces gens sont en colère en raison de la fin à venir d'une majorité blanche (prévue en 2043 par le bureau de recensement), du déclin de la classe ouvrière blanche, les inégalités croissantes de revenus, la montée de mouvements de gauche comme «Black Lives Matter», les avancées des homosexuels, lesbiennes et transgenres, ainsi que le nombre croissant de réfugiés et de travailleurs sans-papiers», écrit l'auteur du rapport, Mark Potok.

Cette première hausse du nombre de groupes incitant à la haine et de milices intervient dans un contexte relativement tendu aux États-Unis avec le massacre en juin de neuf membres de la communauté afro-américaine dans une église de Charleston, en Caroline-du-Sud, et la fusillade de San Bernardino, qui a coûté la vie à 14 personnes en décembre.

De l'autre côté du spectre racial, le nombre de groupes noirs aux discours anti-blancs, voire anti-juifs, a bondi de 59 % en un an (de 113 à 180) dans la foulée d'une série de bavures policières fatales à de jeunes Noirs américains.

Si le mouvement Black Lives Matter (BLM, ou «les vies noires comptent» en français) milite depuis plus de deux ans contre le racisme, le délit de faciès et la violence policière, il ne véhicule pas un discours anti-blanc.