L'arrestation d'un homme du Kansas accusé d'avoir tenté d'apporter ce qu'il croyait être une voiture piégée dans un aéroport de Wichita a été le point culminant d'une opération secrète d'un mois, une tactique couronnée de succès largement utilisée pour contrer le terrorisme aux États-Unis.

Publié le 14 déc. 2013
Roxana Hegeman ASSOCIATED PRESS

Des documents judiciaires décrivent ce qui serait des conversations entre Terry Lee Loewen et des agents secrets du FBI. Au début, ils évoquaient le vague désir de commettre un «violent djihad» contre les États-Unis. Mais la discussion est devenue un plan concret et détaillé dans lequel les agents ont recruté M. Loewen dans le but d'utiliser son accès à l'aéroport pour installer une bombe dans une opération de martyre.

M. Loewen, un technicien en avionique de 58 ans qui travaillait à l'aéroport pour la compagnie Hawker Beechcraft, a été arrêté vendredi, notamment pour avoir fourni de l'aide à al-Qaïda et pour avoir tenté d'utiliser une arme de destruction massive. Il demeure détenu et les procureurs devraient présenter le dossier devant un jury mercredi.

Le FBI a plus d'une fois utilisé cette tactique controversée, depuis les attaques du 11 septembre 2001. Cependant, certains soutiennent qu'elles piègent les gens ou enfreignent les libertés civiles. Le FBI insiste sur le fait que ces tactiques sont légales et importantes pour faire avorter de potentielles attaques terroristes, et les jurys appliquent de lourdes peines.

Selon Dan Monnat, un éminent avocat de la défense du Kansas, qui ne représente pas M. Loewen, la plainte contre lui ne contient pas assez d'information pour prouver qu'il est coupable ni pour prouver que le FBI l'a piégé.

Il questionne tout de même cette tactique des forces du renseignement.

«Si la fragilité de l'état mental d'un individu normalement solide est exploitée pour le pousser à commettre un crime qu'il n'aurait normalement pas commis, comment cela nous rend-il plus en sécurité et pourquoi dépenser l'argent public sur ces poursuites?», se demande-t-il.

Les documents de la cour ne spécifient pas ce qui a initialement mené à agir auprès de M. Loewen, bien qu'il aurait avoué à un agent secret qu'il lisait Inspire, un magazine en ligne produit par des filiales d'al-Qaïda.