La poignée de mains historique entre Barack Obama et Raul Castro mardi en Afrique du Sud a fait rugir les conservateurs américains, qui y voient un coup de propagande du président cubain.

Publié le 10 déc. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Pourquoi serrer la main d'un homme qui emprisonne des Américains?» a demandé le sénateur républicain John McCain. «À quoi cela sert-il? Neville Chamberlain a serré la main d'Hitler», a-t-il lancé, en référence au premier ministre britannique d'avant la Seconde Guerre mondiale.

Le sénateur d'origine cubaine Marco Rubio, l'un des plus fervents partisans de l'embargo américain contre Cuba, a regretté que Barack Obama n'en ait pas profité pour interroger Raul Castro sur la question des droits de l'homme.

«Le fond m'intéresse plus qu'un seul moment, mais si le président voulait serrer sa main, il aurait dû lui parler de ces libertés fondamentales auxquelles Mandela était associé et qui n'existent pas à Cuba», a dit Marco Rubio à des journalistes, selon plusieurs médias.

Selon la Maison-Blanche, le président américain n'a fait qu'échanger des salutations avec les dirigeants auxquels il a serré la main lors de l'hommage à Nelson Mandela à Soweto.

«Quand le chef du monde libre serre la main sanglante d'un dictateur impitoyable comme Raul Castro, cela devient un coup de propagande pour le tyran», a déclaré la représentante républicaine Ileana Ros-Lehtinen, favorable à la fermeté face à Cuba.

«Raul Castro utilise cette main pour signer les ordres de répression et d'emprisonnement des militants de la démocratie. D'ailleurs, en ce moment même, les chefs de l'opposition cubaine sont en détention et sont passés à tabac parce qu'ils essaient de commémorer la journée internationale des droits de l'homme», a-t-elle déclaré lors de l'audition parlementaire du secrétaire d'État John Kerry.

D'autres élus, notamment démocrates, ont préféré y voir un signe d'espoir.

«J'espère que cela conduira à une normalisation des relations commerciales, et à une relation normale avec Cuba. S'il s'agit d'un pas dans cette direction, alors c'est très positif», a commenté le sénateur indépendant Bernie Sanders, qui siège au sein du groupe démocrate.

Le sénateur démocrate Carl Levin préférait commenter avec circonspection l'événement: «je pense qu'il ne faut pas trop analyser les poignées de mains», a-t-il dit à l'AFP.