Un compromis a été trouvé lundi au Congrès américain qui, s'il est voté, lèverait les restrictions sur le rapatriement des prisonniers de Guantanamo à l'étranger, mais continuerait d'interdire leur transfèrement aux États-Unis.

Publié le 9 déc. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Environ la moitié des détenus pourraient être transférés vers les pays tiers d'où ils viennent. L'autre moitié resterait à Guantanamo en raison de l'interdiction de les transférer aux États-Unis», a expliqué le sénateur démocrate Carl Levin, en annonçant l'accord à la presse.

Il reste 162 détenus à Guantanamo, après le retour en Algérie de deux détenus jeudi dernier. 82 ont été jugés libérables par l'administration américaine, qui considère qu'ils ne représentent plus de risque pour la sécurité nationale. 56 Yéménites figurent parmi eux.

«C'est le compromis que nous avons trouvé» entre les chefs de la minorité et de la majorité des commissions des armées au Sénat et à la Chambre, a dit à la presse M. Levin.

«Nous avons tous les quatre passé un accord sur un texte dont nous espérons le vote à la Chambre des représentants avant vendredi, avant d'être examiné par le Sénat la semaine prochaine», a dit M. Levin, qui préside la commission du Sénat.

«Nous avons à nouveau trouvé un terrain d'entente sur les détenus qui ne pourront pas être amenés dans ce pays», a déclaré pour sa part le président républicain de la commission des armées de la Chambre, Buck McKeon.

L'organisation des droits de l'homme, Human Rights First, a salué «une première étape pour démêler le noeud de Guantanamo». Ce compromis «ouvre la voie aux transfèrements à l'étranger, un équilibre entre nos intérêts sécuritaire et nos obligations légales», a déclaré Dixon Osburn dans un communiqué.

Amnesty International a pour sa part vu dans cet accord «un pas en avant et un pas en arrière sur Guantanamo. Steven Hawkins, directeur d'Amnesty USA a estimé que les restrictions sur les transfèrements aux États-Unis, même pour les procès ou un traitement médical, étaient «un terrible camouflet pour les droits de l'homme».