Président Obama en tête, la classe politique américaine a condamné mardi l'attentat de Boston en soulignant la nécessité de rester vigilant, mais elle en était réduite aux spéculations sur les auteurs de cette attaque sur son sol qui a ravivé le souvenir du 11-Septembre.

Un «acte de terrorisme (...) odieux et lâche»: Barack Obama, intervenant dans la salle de presse de la Maison-Blanche, a dénoncé avec force le double attentat à la bombe qui a fait trois morts et 176 blessés la veille selon un dernier bilan.

Mais il a aussi concédé que «nous ne savons pas encore (...) qui a mené cet attentat ou pourquoi, s'il a été planifié et exécuté par une organisation terroriste, étrangère ou américaine, ou si c'était l'acte d'un individu».

L'absence de nouvelles supplémentaires après une conférence de presse des forces de l'ordre quelques heures plus tôt n'a pas empêché M. Obama d'apparaître pour la seconde fois en moins de 24 heures devant les caméras, un exercice obligé en temps de crise pour le chef de l'exécutif.

M. Obama, qui se rendra jeudi matin à Boston pour prononcer un discours lors d'une cérémonie oecuménique à la mémoire des victimes, avait été très critiqué par ses adversaires politiques pour être resté hors de vue pendant trois jours à Noël 2009, après une tentative d'attentat contre un avion de ligne américain.

La Maison Blanche a fait savoir que M. Obama avait été mis au courant des derniers développements par son équipe de sécurité nationale, et diffusé une photo de cette rencontre sur les réseaux sociaux.

Le président a saisi l'occasion de son intervention pour rassurer ses compatriotes. «J'ai donné l'ordre à mon administration de prendre les mesures de sécurité nécessaires pour protéger les Américains», a-t-il dit, en soulignant que «nous avons tous un rôle à jouer pour alerter les autorités» en cas de soupçon.

«Nous ne pouvons jamais baisser la garde»

Des arguments qui, 11 ans plus tard, rappellent ceux professés par les autorités dans la foulée du 11-Septembre. Malgré la différence d'échelle entre ces attentats, certains élus n'ont pas hésité à évoquer un lien au moins symbolique.

«Le 11-Septembre, nous avons perdu pour toujours l'illusion que des attentats comme celui qui a secoué Boston hier (lundi) n'arrivent que sur les champs de bataille ou dans des pays éloignés», a remarqué le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

«Avec le temps qui passe, toutefois, et les efforts vigilants de nos forces armées et des professionnels du renseignement et des forces de l'ordre, on peut dire à mon avis sans se tromper que pour beaucoup, les illusions de l'avant 11-Septembre se sont réinstallées», a-t-il constaté.

Même si M. Obama a mis en garde contre toute «spéculation», cela n'a pas enmpêché d'autres élus de hasarder des hypothèses. «Evidemment, il nous faut réfléchir à l'idée que cela pourrait être le fait de jihadistes», a affirmé l'élu républicain de New York Peter King, spécialiste des affaires de sécurité intérieure.

«Mais cela pourrait être aussi des suprémacistes blancs. Cela pourrait être des gens opposés à l'État» fédéral, a-t-il ajouté à l'antenne de MSNBC.

«Lorsqu'un attentat comme celui-là se produit, il est difficile de ne pas penser à une implication des extrémistes islamistes, mais je n'ai pas de preuves», a remarqué pour sa part la sénatrice républicaine du Maine Susan Collins.

«C'est la première fois que nous avons eu des morts sur le sol américain à cause du terrorisme depuis le 11-Septembre», a pour sa part affirmé Chuck Schumer, un sénateur démocrate de New York.

«Et nous ne pouvons jamais baisser la garde», a-t-il ajouté, tandis que son collègue républicain de Géorgie Johnny Isakson remarquait que «cela nous rappelle une fois de plus que les terroristes n'ont à réussir qu'une seule fois. Nous devons réussir à chaque fois».