Dans son premier discours sur l'état de l'Union depuis sa réélection, Barack Obama a présenté hier soir à un Congrès divisé une feuille de route ambitieuse pour son second mandat. Y figurent notamment de nouveaux investissements gouvernementaux, une augmentation du salaire minimum, des restrictions sur les armes à feu et une réforme du système de l'immigration.

Mis à jour le 13 févr. 2013
Richard Hétu, collaboration spéciale LA PRESSE

Renouant avec un des thèmes principaux de sa dernière campagne présidentielle, le 44e président a mis l'accent sur de nouvelles mesures destinées à donner un coup de fouet à l'économie, à créer des emplois et à aider les Américains de la classe moyenne.

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«Une économie croissante qui crée de bons emplois pour la classe moyenne, telle est l'étoile qui doit guider nos efforts», a déclaré Barack Obama avant de renouveler son appel aux investissements dans les infrastructures, la formation et les énergies vertes, entre autres.

Il a aussi préconisé une augmentation du salaire minimum fédéral de 7,25$ à 9$ de l'heure, une mesure qui permettrait selon lui à 15 millions de personnes de sortir de la pauvreté.

«Ce soir, déclarons que dans la nation la plus riche au monde, aucune personne travaillant à temps plein ne devrait vivre dans la pauvreté», a-t-il dit.

Le président a aussi exhorté le Congrès à adopter une approche équilibrée pour répondre aux défis budgétaires du gouvernement fédéral. Il a notamment proposé des «ajustements modestes» au programme d'assurance-maladie Medicare et une réforme du code fiscal susceptible d'«encourager la création d'emplois et de réduire le déficit».

Pas d'augmentation du déficit

Il a en outre affirmé que ses propositions économiques ne devraient pas «ajouter un seul sou à notre déficit». Il aura cependant du mal à en convaincre les républicains, qui sont majoritaires à la Chambre des représentants et qui s'opposent à toute nouvelle dépense gouvernementale.

Le sénateur de Floride Marco Rubio, étoile montante républicaine, a donné un aperçu de l'opposition à laquelle fera face Barack Obama en livrant la réponse de son parti au discours sur l'état de l'Union.

«Les hausses d'impôts et les dépenses génératrices de déficits que vous proposez nuiront aux familles de la classe moyenne», a déclaré ce candidat potentiel à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2016.

Malgré l'émoi national provoqué par la tuerie de Newtown, Barack Obama éprouvera également des difficultés à obtenir l'appui du Congrès pour une nouvelle législation sur les armes à feu. Il a néanmoins lancé un vibrant appel à l'interdiction des armes d'assaut et la vérification systématique des antécédents des acheteurs, entre autres.

«Chacune de ces propositions mérite un vote», a-t-il dit en s'adressant à un auditoire comprenant plusieurs victimes de la violence due aux armes à feu, dont l'ancienne représentante démocrate d'Arizona Gabrielle Giffords, qui était l'invitée de John McCain, un des sénateurs républicains de son État.

De son côté, Michelle Obama comptait parmi ses invités les parents d'Hadiya Pendleton, abattue à Chicago huit jours après avoir participé comme majorette au défilé d'investiture du président. Plusieurs des élus et des invités portaient un ruban vert en souvenir de la fusillade de Newton.

«Les parents d'Hadiya méritent un vote. Gabby Giffords mérite un vote. Les parents de Newtown méritent un vote», a déclaré le président.

Barack Obama a aussi pressé le Congrès de réformer le système d'immigration. Après avoir été boudés par les minorités lors de la dernière élection, plusieurs républicains ont adopté une position plus souple sur le sujet. Certains d'entre eux se sont notamment montrés favorables à une réforme offrant aux quelque 11 millions d'immigrés illégaux la chance de régulariser leur statut et d'obtenir la citoyenneté américaine.

«Envoyez-moi un projet de réforme de l'immigration complet dans les prochains mois et je le signerai sur-le-champ», a déclaré le président.

Comme il l'avait fait lors de son discours d'investiture, Barack Obama a promis de s'attaquer au problème des changements climatiques, avec ou sans l'aide du Congrès. Il n'a cependant pas fixé d'objectifs de réduction des émissions de CO2.

Même si les questions de politique intérieure ont dominé son discours, Barack Obama n'a pas ignoré les dossiers de politique étrangère actuels. Il a notamment confirmé son objectif de rapatrier d'Afghanistan 34 000 soldats dans les 12 mois à venir, soit un peu plus de la moitié du contingent actuel dans ce pays.

Il est aussi revenu sur l'essai nucléaire nord-coréen, le qualifiant de «provocation» qui mérite une réponse «ferme» de la communauté internationale.