Le président américain Barack Obama, fort de l'expérience d'une difficile cohabitation avec les républicains du Congrès, devrait mener en 2012 sa campagne de réélection sur un ton plus offensif qu'il y a quatre ans.

Mis à jour le 1er janv. 2012
Tangi QUEMENER AGENCE FRANCE-PRESSE

«Des débats difficiles et certains combats ardus nous attendent» en 2012, a noté samedi M. Obama lors de son allocution hebdomadaire coïncidant avec l'orée de la nouvelle année.

Le 6 novembre, les Américains décideront de le reconduire ou non pour quatre années supplémentaires à son poste.

Depuis qu'il a lancé sa campagne en avril dernier, le dirigeant démocrate a progressivement affûté son message, se présentant comme le défenseur de la classe moyenne face à ses adversaires républicains dominant la chambre des représentants et arbitrant les majorités au Sénat.

«Nous sommes à un moment crucial pour la classe moyenne», a assuré M. Obama. «Les mesures que nous prendrons dans les mois à venir détermineront dans quel pays nous voulons vivre, et dans quel monde nous voulons que nos enfants et nos petits-enfants grandissent».

M. Obama a conclu l'année législative 2011 sur une victoire face aux républicains de la chambre, arrachant une prolongation d'allègements fiscaux pour 160 millions de salariés et une extension des versements des allocations chômage.

Mais ces dispositifs expireront en février, augurant d'un nouvel accrochage entre exécutif démocrate et législateurs républicains. De tels affrontements budgétaires ont ponctué l'année 2011, mettant l'État fédéral au bord de la cessation de paiements et conduisant à une dégradation de la dette souveraine du pays par l'agence de notation Standard and Poor's.

Mais la Maison-Blanche et l'équipe de campagne de M. Obama sont certaines d'avoir gagné la guerre de l'opinion publique face à un Congrès dont la cote de confiance plafonne à 9%.

Lors du débat fiscal de décembre, les démocrates «se sont non seulement retrouvés du côté de la classe moyenne, le groupe qui devrait décider de l'issue de l'élection (présidentielle), mais ils l'ont fait d'une façon qui montrait leur résolution et la volonté d'en découdre si nécessaire», note Kareem Crayton, de l'université de Caroline du Nord.

Pour ce politologue, cet épisode a pu aider M. Obama, dont «l'un des gros problèmes vis-à-vis de sa base est la perception qu'il n'est pas efficace parce qu'il n'a apparemment pas envie de se battre».

M. Obama avait organisé sa campagne de 2007-2008 en appelant à dépasser les barrières partisanes, une profession de foi qui s'est, selon son équipe, brisée sur l'intransigeance des parlementaires.

Fin février, alors que le processus des primaires républicaines sera déjà bien engagé, l'équipe Obama devrait essayer de mêler le candidat putatif du parti aux disputes avec le Congrès. Le principal impétrant, Mitt Romney, s'est prudemment tenu à distance du débat de décembre.

Le problème pour le président est qu'il ne sera pas facile de lier «les principaux candidats républicains aux républicains de la chambre. Le candidat final ne sera pas nécessairement aisé à dépeindre comme un obstructionniste», observe M. Crayton.

Premier signe d'une campagne offensive de M. Obama, celui-ci a prévu de se rendre mercredi à Cleveland (Ohio). Aucun républicain ne s'est installé à la Maison-Blanche sans avoir remporté cet État riche en Grands Électeurs.

Ce déplacement aura lieu en outre au lendemain des «caucus» de l'Iowa (centre), première étape des consultations primaires républicaines, l'occasion pour M. Obama de tirer à nouveau à lui la couverture médiatique après une dizaine de jours de vacances dans son État natal d'Hawaii (Pacifique).