Les États-Unis devraient entreprendre des assassinats ciblés de responsables des Gardiens de la révolution iraniens, ont suggéré mercredi lors d'une audition au Congrès américain des experts militaires américains.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Pourquoi ne pas les tuer? Ces gens ont tué près d'un millier des nôtres. Pourquoi ne les assassinons-nous pas? Je ne suggère pas une action militaire, je suggère des opérations clandestines», a déclaré Jack Keane, ancien chef d'État-major de l'armée de terre américaine, qui faisait allusion aux actes de terrorisme visant des Américains et dans lesquelles l'Iran serait impliqué.

«Il faut les attraper à la gorge», a ajouté l'ancien militaire devant une la commission de la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants.

L'Iran a été mis en cause récemment par les États-Unis dans un complot qui aurait été dirigé par l'unité Qods (forces spéciales des Gardiens de la révolution) pour tuer, sur le sol américain, l'ambassadeur d'Arabie saoudite Adel al-Jubeir.

Plusieurs élus de la Chambre des représentants ont indiqué qu'ils n'excluaient aucune mesure contre l'Iran, mais se sont gardés d'approuver les commentaires de M. Keane.

Les liens présumés entre l'Iran, le Hezbollah et les trafiquants de drogue mexicains, dont des membres auraient été impliqués dans ce complot présumé, sont un motif de préoccupation pour les États-Unis, ont convenu les élus et les experts.

De son côté, Reuel Marc Gerecht, expert à la Fondation pour la défense des démocraties, a assuré: «Ils ne répondent pas aux mêmes raisonnements que nous. Je ne crois pas que vous pouvez vraiment les intimider, sauf si vous tuez quelqu'un». «Qassem Suleimani (commandant de l'unité Qods) voyage beaucoup. Allez-y. Essayez de le capturer ou de le tuer», a ajouté l'expert.

Un Américano-Iranien, Manssor Arbabsiar, 56 ans, arrêté le 11 octobre et inculpé du complot visant l'ambassadeur saoudien à Washington, a plaidé «non coupable» lundi devant un tribunal fédéral de New York, une décision qui ouvre la voie à l'organisation de son procès.