Une influente sénatrice américaine a défendu avec passion, mercredi, le projet d'oléoduc Keystone XL de TransCanada et les sables bitumineux de l'Alberta, s'attirant les foudres de certains parlementaires du Congrès.

Lee-Anne Goodman LA PRESSE CANADIENNE

Lisa Murkowski, sénatrice républicaine de l'Alaska mieux connue pour ses accrochages légendaires avec l'ancienne gouverneure Sarah Palin, s'est dit «estomaquée» par l'opposition envers Keystone XL, puisque l'oléoduc transporterait une source d'énergie essentielle aux États-Unis, en provenance d'un partenaire commercial et ami fiable.

En réponse à une question du Conseil des affaires canadiennes-américaines, la sénatrice Murkowski s'est exprimée longuement à propos du projet de 7 milliards $ et des sables bitumineux albertains, lors d'une conférence Women of Washington organisée par le magazine The Atlantic.

Selon la sénatrice, le Canada est l'ami des États-Unis en plus d'être son voisin et son meilleur partenaire commerciale. Mme Murkowski affirme également qu'il est plus intéressant de savoir que le pétrole consommé aux États-Unis provient d'un pays ami et qui possède des normes environnementales élevées.

La sénatrice a par ailleurs défendu les méthodes d'extraction du pétrole des sables bitumineux, qui rejettent beaucoup de gaz carbonique. Les groupes environnementaux américains sont opposés au projet Keystone XL en grande partie à cause des sables bitumineux, et a pressé le département d'État de bloquer le projet pour stopper le «pétrole sale».

Pour Mme Murkoswski, cependant, l'exploitation des sables bitumineux est une réalité, alors il vaut mieux s'atteler à le faire de façon sécuritaire. Le Canada n'arrêtera pas d'exploiter les sables bitumineux si les États-Unis bloquent le projet d'oléoduc, a-t-elle plaidé.

Le projet Keystone XL s'est retrouvé au coeur d'un vif débat idéologique aux États-Unis entre l'utilisation des combustibles fossiles et les sources d'énergie renouvelable, alors que le département d'État doit rendre une décision finale à propos du projet d'ici la fin de l'année.

La défense de l'oléoduc par la sénatrice Murkowski, qui transporterait des millions de barils de brut par semaine à travers six États américains en direction du golfe du Mexique, illustre à quel point le débat s'est fracturé le long des frontières partisanes.