Il restait encore un singe et un loup en liberté dans l'Ohio, aux États-Unis, théâtre depuis mardi d'un étrange safari après la fuite d'une cinquantaine d'animaux sauvages, dont des lions, des tigres, des ours et des loups, relâchés par leur maître qui s'est suicidé.

Mira Oberman AGENCE FRANCE-PRESSE

L'alerte a été donnée mardi après-midi quand la police du comté de Muskingum, dans l'Ohio (Nord), a commencé à recevoir des appels paniqués d'habitants ayant surpris des animaux sauvages en maraude.

En tout, une cinquantaine de bêtes, 48, peut-être 51, selon le shérif local, dont des grizzlis et des ours noirs, des loups, des lions, des tigres et même des guépards, se sont échappés d'une réserve privée.

«J'ai appris hier soir que Terry Thompson, le propriétaire de cette réserve, avait ouvert les cages de ses animaux avant de se tirer une balle», a confié le maire de la ville de Zanesville, Howard Zwelling, à la chaîne CNN.

Selon lui, 39 animaux avaient déjà été abattus dans la matinée de mercredi. En début d'après-midi, il ne restait vraisemblablement plus qu'un singe, inoffensif, et un loup en liberté, a-t-il précisé.

«Je voulais rassurer les gens en leur disant que nous avons mis la main sur le puma qui était entré dans la cour d'une ferme et nous avons aussi retrouvé l'ours», a-t-il ajouté.

Des employés du zoo voisin, à Columbus, ont été recrutés pour prêter main forte aux policiers, forcés de tuer les bêtes «à bout portant».

«Quand nous sommes arrivés sur place hier soir, il y avait des animaux qui étaient passés de l'autre côté de la clôture de la propriété, le long de la route. Les policiers ont dû tirer à bout portant avec leur arme de poing», a raconté le shérif Matt Lutz lors d'une conférence de presse. «La nuit était en train de tomber, nous ne pouvions pas courir le risque de voir ces bêtes en liberté».

Faute de seringues hypo-dermiques pour endormir les bêtes et confrontés à une «situation explosive», les policiers n'ont pas eu d'autre choix que de «neutraliser ces animaux avant qu'ils agressent le voisinage», a-t-il répété.

Les écoles ont été fermées, les habitants priés de rester chez eux. Sur les routes de la région, un message d'alerte était diffusé sur des panneaux électroniques: «Attention aux animaux exotiques, restez dans votre véhicule, appelez le 911 si vous en voyez».

Un fauve a été heurté par une voiture et abandonné sur le bord d'une autoroute, a précisé le shérif.

«Toutes ces bêtes sont carnivores et (...) dangereuses, surtout maintenant qu'elles ont quitté les cages dans lesquelles elles ont l'habitude d'être», a expliqué le vice-directeur du zoo de Columbus à la chaîne NBC.

Le propriétaire de la réserve, Terry Thompson, avait été libéré de prison il y a trois semaines, après avoir purgé une peine d'un an pour détention illégale d'armes.

Selon un journal local, le Columbus Dispatch, des agents du FBI avaient fait une descente dans la réserve en juin 2008, y saisissant plus de 100 armes à feu, et le défunt Thompson avait déjà payé des amendes pour avoir laissé ses animaux errer en liberté.

«Cette réserve nous pose problème depuis de nombreuses années», a confié le shérif. «Nous avons reçu de nombreuses plaintes et avons mené de nombreuses inspections des lieux».

Selon une voisine interrogée par le journal, la femme de Terry Thompson l'aurait quitté peu de temps avant le drame. Cette voisine, dont les parents possèdent une ferme, a confié que l'homme venait souvent chez eux pour récupérer du bétail mort pour nourrir ses bêtes. «Sur la peau, il avait des marques de coups de griffe».