Le président Barack Obama va s'appuyer mercredi sur l'image consensuelle de la police, des militaires et des pompiers américains pour défendre ses mesures de relance face à l'hostilité du Congrès, au troisième et dernier jour d'une tournée régionale.

Tangi Quemener AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Obama, qui a déjà parcouru plus de 700 km depuis lundi dans son autocar blindé en Caroline du Nord et en Virginie, est attendu à 10h30 dans ce dernier État à la base militaire de Langley-Eustis, située à Hampton sur la côte Atlantique.

Rejoint par son épouse Michelle, le président va défendre un volet de son plan emploi prévoyant des exemptions de charges pour les entreprises qui embaucheraient des anciens combattants.

Il va aussi annoncer que 270 entreprises américaines, dont Coca-Cola, Unilever et Conagra, se sont engagées à embaucher 25 000 anciens combattants ou épouses de militaires d'ici à la fin de l'année 2013, selon la Maison-Blanche.

«Nous demandons à nos soldats, hommes et femmes, d'abandonner leur carrière et de quitter leur famille, et de risquer leur vie en combattant pour notre pays», a affirmé M. Obama, cité dans un communiqué de la Maison-Blanche.

«C'est la raison pour laquelle l'embauche d'anciens combattants est une priorité de mon administration, et aussi la raison pour laquelle le projet de loi pour l'emploi américain que j'ai proposé comprend des crédits d'impôt afin de faciliter l'embauche d'anciens combattants par les entreprises privées», a-t-il ajouté.

Le président se rendra ensuite près de Richmond (Virginie), dernière étape de son voyage, à 160 km au sud de Washington. Il doit y prononcer un autre discours dans une caserne de pompiers. Les militaires, pompiers et policiers sont des figures consensuelles et respectées aux États-Unis.

Depuis lundi, au rythme de deux allocutions quotidiennes, M. Obama met en valeur une partie de son plan emploi prévoyant de soutenir les emplois des fonctionnaires locaux, dont les policiers, les pompiers et les enseignants. Le coût de ce volet, qu'il espère voir le Sénat examiner d'ici à la fin de la semaine, a été évalué à 35 milliards de dollars.

Le 11 octobre, la chambre haute du Congrès américain, où les adversaires réublicains de M. Obama détiennent une minorité de blocage, avait infligé un revers au président en refusant d'examiner la totalité de son plan de 447 milliards mêlant incitations fiscales et mesures de relance.

M. Obama veut désormais que les élus considèrent son plan «morceau par morceau». Se prévalant d'un sondage selon lequel 63% des Américains soutiennent ces mesures, il a affirmé que les élus républicains devraient rendre des comptes à leurs administrés s'ils persistaient à refuser d'aider l'économie à repartir.

À 13 mois de la présidentielle de 2012 lors de laquelle il va briguer un second mandat de quatre ans, M. Obama est handicapé par la persistance d'un chômage très élevé de 9,1%.

Les républicains, qui contrôlent la Chambre des représentants et donc le budget de l'État fédéral, affirment que le plan de relance massif de 787 milliards de dollars promulgué par M. Obama un mois après son arrivé au pouvoir, début 2009, n'a pas réussi à enrayer la crise et a davantage creusé le déficit et la dette.

La Maison Blanche dément que M. Obama fasse campagne pour sa réélection en parcourant la Caroline du Nord et la Virginie, deux États aux portes du Vieux Sud conservateur, cruciaux sur la carte électorale et qu'il avait enlevés en 2008.

Les républicains sont persuadés du contraire.

«Alors que le président revient en Virginie dans son autocar de campagne, le pays a perdu plus de deux millions d'emplois pendant qu'il était au pouvoir, et souffre d'un taux de chômage supérieur à 9%», a observé le porte-parole du favori à la primaire du parti républicain, Mitt Romney.

«La politique du président Obama a échoué. Il est temps de changer», a ajouté ce porte-parole, Ryan Williams.