Le promoteur du centre culturel islamique situé près de l'endroit où se dressaient les tours jumelles du World Trade Center, à New York, affirme que la plus grande erreur des concepteurs du projet a été de ne pas impliquer les familles du 11-Septembre dès le début.

Verena Dobnik ASSOCIATED PRESS

«Nous avons fait des erreurs incroyables», a déclaré Sharif El-Gamal lors d'une entrevue avec l'Associated Press dans son bureau de Manhattan.

Le centre communautaire islamique Park51, situé au 51, Park Place, à deux coins de rue de l'ancien World Trade Center, a ouvert ses portes au public mercredi soir, avec une exposition de photos d'enfants de New York représentant 160 groupes ethniques.

L'édifice de Park51 comprend une mosquée, qui est ouverte depuis deux ans. M. El-Gamal a expliqué que le centre avait été conçu selon le modèle du Centre communautaire juif de l'Upper West Side de Manhattan, où il vit.

«Je voulais que ma fille apprenne à nager, donc je l'ai emmenée au Centre communautaire juif», a raconté M. El-Gamal, un musulman né à Brooklyn. «Et quand nous sommes entrés, je me suis dit: «Wow! C'est vraiment bien.»

Le projet de centre communautaire islamique a suscité des critiques, notamment de ceux qui ne veulent pas voir un espace de prière musulman près du lieu des attentats du 11 septembre 2001. Le projet a déclenché l'un des débats nationaux les plus virulents sur l'islam, la liberté d'expression et la religion depuis les attaques.

Le centre est ouvert aux personnes de toutes les confessions et comprendra un monument commémoratif du 11-Septembre, a expliqué M. El-Gamal. Pour lui, les critiques contre le centre font partie d'une «campagne contre les musulmans».

Au tout début du projet, il y a plusieurs années, la militante Daisy Kahn et son mari, l'imam Feisal Abdul Rauf, ont joué un rôle important dans sa promotion. Mais ils ont rapidement quitté le projet à cause de leurs divergences avec le promoteur.

M. El-Gamal a confirmé mercredi que le couple avait quitté le projet à cause de «visions différentes». Il a refusé de donner plus de détails.

Le couple Khan-Rauf a affirmé avoir discuté du projet avec des proches des victimes du 11-Septembre, avec les premiers répondants et avec d'autres personnes concernées. Le couple a aussi envisagé la possibilité que le projet devienne un centre multiconfessionnel axé sur les conflits entre les religions. Mais M. El-Gamal aurait aimé que les proches des victimes soient impliqués plus tôt dans le projet, avant que le centre ne devienne une source de division.

«Le plus grande erreur que nous avons faite a été de ne pas inclure les familles du 11-Septembre», a admis M. El-Gamal, tout en soulignant que le conseil consultatif du centre comprenait maintenant au moins un membre des familles du 11-Septembre.

Au début, «nous n'avons pas compris que nous avions la responsabilité de discuter de notre projet privé avec les familles qui ont perdu des proches», a-t-il dit.

Mais aujourd'hui, «nous sommes vraiment engagés à ce qu'ils soient impliqués dans notre projet. (...) Nous sommes vraiment à l'écoute.»