Courtisant le vote juif à 14 mois de l'élection présidentielle américaine, le républicain Rick Perry a violemment attaqué mardi la politique du président Barack Obama au Proche-Orient, la qualifiant de «naïve, arrogante, mal avisée et dangereuse».

Brigitte Dusseau AGENCE FRANCE-PRESSE

Alors que les efforts diplomatiques redoublaient à l'ONU pour essayer d'éviter une confrontation sur la demande d'adhésion d'un État de Palestine, M. Perry, en tête de la course à l'investiture républicaine, n'a pas ménagé ses critiques envers le président et sa politique de «conciliation».

«Nous n'en serions pas là, au bord du précipice (...), si la politique d'Obama au Proche-Orient n'était pas naïve, arrogante, malavisée et dangereuse», a déclaré le gouverneur du Texas, en dénonçant une politique «d'équivalence morale qui accorde la même importance aux réclamations des Israéliens et des Palestiniens, y compris les orchestrateurs de terrorisme».

M. Perry, dont c'était le premier grand discours de politique étrangère, a accusé le président américain d'avoir «isolé et miné» Israël, ce qui a «encouragé l'agressivité de nos adversaires».

«Il est temps de changer notre politique de conciliation envers les Palestiniens et de renforcer nos liens avec Israël», a-t-il ajouté.

«En temps que chrétien, je suis une ligne de conduite claire en faveur d'Israël», a-t-il ajouté, en plaidant pour une position américaine montrant «une nouvelle fermeté et une nouvelle détermination».

M. Perry a également estimé que si l'ONU suivait la requête des Palestiniens, le gouvernement américain devrait «reconsidérer» son aide financière aux Palestiniens et à l'ONU et fermer le bureau de l'OLP à Washington.

Plusieurs représentants de la communauté juive new-yorkaise étaient présents à sa conférence de presse, ainsi que le républicain Bob Turner, qui a récemment remporté une élection partielle à New York, en exploitant selon certains analystes les sentiments de l'électorat juif dans ce qui était un bastion démocrate.

L'électorat juif (estimé à 2% du total aux États-Unis) est traditionnellement démocrate. Près de 80% d'entre eux avaient voté pour Barack Obama en 2008. Mais ce soutien s'est émoussé ces derniers mois, galvanisant les républicains: il n'était plus que de 54% en septembre, selon un sondage Gallup qui souligne cependant que cette baisse est comparable à celle enregistrée dans l'électorat en général.

Mitt Romney, autre candidat à l'investiture républicaine qui talonne M. Perry dans les sondages, a lui aussi attaqué mardi la politique proche-orientale du président Obama.

«Ce que nous voyons se dérouler à l'ONU, c'est un désastre diplomatique absolu», a dit l'ancien gouverneur du Massachusetts. «C'est la culmination des efforts répétés du président Obama depuis trois ans pour sacrifier Israël et saper sa position de négociation», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les États-Unis ont déjà annoncé qu'ils opposeraient leur veto à la tentative de reconnaissance d'un Etat de Palestine.

Mardi, un haut responsable de l'administration Obama a rejeté les «analyses trompeuses» et les «mensonges» des républicains. «Aucune administration américaine n'a fait plus que la nôtre pour Israël et pour sa sécurité», a écrit Antony Blinken, conseiller à la sécurité nationale du vice-président Joe Biden dans le Wall Street Journal

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