La Cour suprême des États-Unis a suspendu in extremis jeudi soir l'exécution au Texas d'un détenu noir condamné à mort pour le meurtre en 1995 de son ex-petite amie et de l'ami de celle-ci.

Richard Hétu, collaboration spéciale LA PRESSE

L'intervention de la plus haute instance américaine fait suite au refus du gouverneur du Texas Rick Perry, candidat à l'investiture républicaine pour l'investiture présidentielle de 2012, d'accorder un sursis de 30 jours à Duane Buck.

Âgé de 48 ans, le condamné à mort ne nie pas sa culpabilité. Mais ses avocats font valoir que son procès a été entaché de considérations raciales. Lors de la phase de la condamnation, un psychologue a déclaré à la barre des témoins que les criminels noirs étaient plus susceptibles de récidiver.

En 2000, l'ancien ministre de la Justice du Texas, John Cornyn, aujourd'hui sénateur et allié de Perry, avait recommandé la réouverture du dossier du détenu en raison de «l'introduction déplacée de considérations raciales lors de l'audience de condamnation de M. Buck».

Les avocats du condamné à mort avaient demandé en vain mardi au comité de grâces du Texas de commuer la peine de leur client en prison à perpétuité.

235 exécutions sous Perry

L'exécution de Duane Buck aurait été la deuxième de la semaine au Texas et la 236e depuis l'élévation de Rick Perry au poste de gouverneur, en décembre 2000. La question de la peine de mort a déjà été soulevée dans le cadre de la campagne présidentielle du gouverneur et ne manquera pas de l'être à nouveau dans un pays où le nombre de condamnations à mort continue à diminuer et où certains États renoncent aux exécutions.

Lors d'un débat télévisé récent entre les prétendants républicains à la Maison-Blanche, le chef d'antenne de la chaîne NBC, Brian Williams, a demandé à Rick Perry s'il a jamais eu de la peine à s'endormir en pensant qu'un innocent a été exécuté. Quand le journaliste a mentionné le nombre d'exécutions sous l'actuel gouverneur du Texas, l'auditoire républicain s'est mis à applaudir de façon spontanée.

«Non monsieur. Ceci ne m'est jamais venu à l'esprit», a répondu Rick Perry au journaliste, provoquant d'autres applaudissements.

Cinq autres exécutions sont programmées au Texas d'ici au 16 novembre, dont celle de Hank Skinner, un détenu marié depuis 2008 à une Française, et qui jouit notamment du soutien du président français Nicolas Sarkozy et de sa femme.

Condamné en 1995 pour un triple meurtre, Skinner clame son innocence et réclame en vain des analyses ADN qui, pense-t-il, lui permettront de se disculper.