Les États-Unis ont démenti vendredi toute implication dans un attentat contre une mosquée en Iran, affirmant qu'ils ne «soutiennent aucune forme de terrorisme», en réponse à des accusations de responsables locaux du sud-est de l'Iran.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous condamnons cet attentat dans les termes les plus sévères», a déclaré le porte-parole du département d'État, Ian Kelly, interrogé au cours d'un point de presse sur les accusations iraniennes contre Washington après un attentat à la bombe qui a fait 25 morts et 125 blessés jeudi dans une mosquée chiite à Zahedan (sud-est), chef-lieu de la province du Sistan-Balouchistan. «Les États-Unis condamnent fermement toute forme de terrorisme. Nous ne soutenons aucune forme de terrorisme en Iran», a ajouté M. Kelly, alors qu'un responsable iranien a accusé les États-Unis d'avoir recruté les auteurs de l'attentat suicide.

Selon Jalal Sayah, vice-gouverneur du Sistan-Balouchistan, une province iranienne proche du Pakistan et de l'Afghanistan qui abrite une forte minorité sunnite, trois personnes impliquées dans cet acte terroriste ont été arrêtées.

«Selon les informations que nous avons obtenues, ces suspects ont été recrutés par l'Amérique et les agents de l'arrogance», a affirmé ce responsable iranien à l'agence Fars.

Les autorités iraniennes utilisent le terme «arrogance mondiale» en référence à l'«ennemi» américain.

Le ministre iranien de l'Intérieur Sadegh Massouli a pointé du doigt «les ennemis qui essaient d'influencer l'élection (présidentielle du 12 juin) par la terreur», selon l'agence Mehr.

«Les agents de la terreur ne sont ni sunnites ni chiites mais les Américains et Israéliens cherchant la division sunnite-chiite», a dit le ministre de l'Intérieur.

Washington a plutôt montré du doigt les groupes armés sunnites en Afghanistan et au Pakistan voisins.

«Nous notons avec inquiétude une recrudescence récente d'attentats contre des mosquées chiites au Pakistan, en Afghanistan et en Iran et nous condamnons fermement toute forme de violence sectaire», a déclaré M. Kelly.

Selon la radio-télévision publique iranienne, le groupe rebelle sunnite Joundallah a revendiqué l'attentat dans un appel au bureau de la chaîne de télévision Al-Arabiya au Pakistan.

Les États-Unis et l'Iran n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980 mais le président américain Barack Obama a exprimé le souhait d'ouvrir le dialogue avec le régime iranien.

L'Iran a participé fin mars à La Haye à une réunion internationale des pays voisins de l'Afghanistan, au cours de laquelle la République islamique s'est engagée à coopérer avec les Occidentaux dans la lutte contre les Talibans et Al-Qaeda.