Des chevaux de course dans les prisons. Aux États-Unis, plusieurs établissements pénitentiaires ont mis en oeuvre des programmes permettant aux détenus de s'occuper de pur-sangs, retraités des courses.

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Cette méthode présente un double intérêt: permettre aux personnes incarcérées d'apprendre un nouveau métier, tout en offrant aux équidés une reconversion après leur première carrière. Les anciens chevaux de courses, souvent menés à l'abattoir lorsqu'ils ne sont pas destinés à l'élevage, reçoivent dans les prisons les soins nécessaires et sont dressés jusqu'à ce qu'ils trouvent de nouveaux propriétaires.

Pete Luce, 35 ans, était une véritable boule de nerfs lorsqu'il a approché pour la première fois un pur-sang, conscient qu'il pouvait être sérieusement blessé d'un simple coup de pied.

Plusieurs mois plus tard, le même homme se déplaçait avec aisance au milieu de ces animaux imposants, dans une prison de Virginie qui a mis sur pied un programme de ce type. Pete Luce espère aujourd'hui mettre ses nouvelles capacités à profit pour décrocher un travail sur un champ de course à sa libération du centre pénitentiaire James River, après avoir purgé une peine de 23 mois pour possession de drogue.

À travers les États-Unis, les établissements pénitentiaires possédant des terrains sont très nombreux, souligne Diana Pikulski, directrice de la Fondation pour la retraite des pur-sangs, désireuse d'étendre ce type de méthodes. «Nous ne sommes pas à court de détenus à qui enseigner ni de chevaux de course à offrir», lance-t-elle.

L'organisation a lancé sa première ferme «Secondes chances» il y a 25 ans, dans l'établissement pénitentiaire de Wallkill (État de New York). Des programmes similaires ont ensuite été développés au Kentucky, en Floride, en Caroline du Sud, dans l'Indiana, en Virginie et au Maryland. Le Massachusetts et l'Illinois envisagent à leur tour d'en créer.

«Il y a quelque chose dans l'animal, en particulier le cheval, qui donne à ces types une occasion, peut-être pour la première fois de leur vie, d'éprouver de l'empathie», souligne Ron Stephens, élu républicain de l'Illinois favorable à ce que l'État adopte un tel programme. Pour cela, le centre pénitentiaire de Vandalia constituerait un bon choix, avec 1.500 détenus et plus de 525 hectares de terrain, selon Lanny Brooks, entraîneur de chevaux de course.

Dans d'autres prisons, au Kansas et au Colorado, les détenus travaillent avec des centaines de chevaux ayant grandi en liberté dans les plaines de l'Ouest, les dressant avant de les mettre à l'adoption. Ils s'occupent de tout, du nettoyage des stalles aux soins des sabots, et certains peuvent apprendre à devenir dresseurs.

Selon Brian Hardin, en charge du programme au sein de l'administration pénitentiaire du Colorado, le taux de récidive pour les détenus participants est inférieur de moitié au taux national de 68%. «Les animaux prennent la place de l'unité familiale pendant qu'ils sont incarcérés», explique-t-il.

En Virginie, le directeur du centre pénitentiaire James River, Layton Lester, estime que le programme oblige le détenu à comprendre qu'«il y a une autre vie qui dépend de lui». «Il y a beaucoup de développement personnel et cognitif grâce à cela», poursuit-il. «C'est probablement le plus important».